Témoignages

Les témoignages recueillis par les associations membres du CILCP sont destinés à être publiés sur ce site « Le déni, ça suffit ! ».

Par cette action, les victimes témoignent pour alerter l’opinion publique, les autorités compétentes ainsi que les instances internationales sur la réalité de leur vécu.

Par l’intermédiaire de ces témoignages, le CILCP demande l’ouverture d’un débat national sur le fléau social que constitue la pédocriminalité.

Par son action, le CILCP demande que la lutte contre la pédocriminalité soit déclarée grande cause nationale en France. Cette lutte doit être une priorité des instances internationales.

L’ensemble des personnes témoignant sur les supports du CILCP approuve le fait que ces publications soient transmises aux instances compétentes de l’Union européenne et de l’ONU.

Cet espace est un espace d'expression libre dédié aux victimes. Les opinions et ressentis exprimés n'engagent que leurs auteurs.

 

À ce jour
0
0
1
7
2
personnes
ont témoigné
Brisez votre silence
TÉMOIGNEZ ICI !
169. Zabou

Moi, Zabou, 68 ans, j’ai été victime d’attouchements sexuels par un jeune oncle de 15 ans. J’avais presque 8 ans. C’était dans une grande périgourdine au cours de vacances d’été. J’étais avec une cousine plus jeune dont je ne peux oublier les yeux horrifiés. D’autres cousins ont été aussi victimes.
J’ai désocculté mon histoire d’enfance en raccrochant le téléphone, 39 ans plus tard, avec l’oncle abuseur. Il me demandait d’agir sur un membre de la famille pour « faire taire la presse » car son fils, venait d’être incarcéré pour faits de pédocriminalité.
La bombe à retardement venait d’exploser….
J’ai d’abord pensé que c’était un faux souvenir….
J’étais mariée à un homme qui portait le même prénom que mon abuseur, dont j’ai divorcé 5 ans plus tard. J’ai repris le travail tout en commençant à chercher à comprendre ce qui m’arrivait à travers des lectures, stages divers et accompagnement. Pour mes enfants d’abord je devais faire quelque chose. Je ne sentais alors qu’obscurément la gravité de la situation.
Je sentais que je devais déjà faire l’inventaire des dégâts. Je n’en étais pas encore à penser que je pouvais tenter de me réparer. Cette idée ne m’effleurait même pas, je ne pensais qu’à protéger mes enfants de quelque chose de mauvais que j’avais dû leur passer à mon insu.
Je pensais que tout le travail personnel que j’avais entrepris avait fait son effet et pensais l’affaire classée dans ma tête mais à la faveur d’un déménagement dans une petite ville bretonne (je découvre que la maison de vacances face à la mienne est occupée par d’anciens amis intimes de mon abuseur) de la reprise d’une vie à deux, d’un grave souci de santé de ma fille, et d’un face à face physique avec l’oncle lors d’un enterrement où dans une petite salle l’oncle évoluait comme si de rien était au milieu de trois de ses victimes, j’ai été percutée par un énorme « ça suffit ! »
Il m’aura donc fallu attendre 21 ans de plus pour pousser alors la porte d’un bureau d’aide aux victimes dans un tribunal et avoir la chance de tomber sur la bonne personne, une juriste compétente et écoutante.
J’ai appris que même le délai de prescription passé j’avais encore la possibilité de faire un signalement au procureur du lieu d’habitation de l’abuseur ou de celui où les faits se sont déroulés.
J’ai été encouragée à envoyer déjà un courrier à mon abuseur pour lui dire ce que j’avais à lui dire
J’en suis là aujourd’hui.
Pour la première fois, j’en suis encore ébahie de bonheur, je peux imaginer, ou du moins entrevoir une issue un peu réparatrice.

J’atteste sur l’honneur la véracité des faits évoqués. «