Témoignages

Les témoignages recueillis par les associations membres du CILCP sont destinés à être publiés sur ce site « Le déni, ça suffit ! ».

Par cette action, les victimes témoignent pour alerter l’opinion publique, les autorités compétentes ainsi que les instances internationales sur la réalité de leur vécu.

Par l’intermédiaire de ces témoignages, le CILCP demande l’ouverture d’un débat national sur le fléau social que constitue la pédocriminalité.

Par son action, le CILCP demande que la lutte contre la pédocriminalité soit déclarée grande cause nationale en France. Cette lutte doit être une priorité des instances internationales.

L’ensemble des personnes témoignant sur les supports du CILCP approuve le fait que ces publications soient transmises aux instances compétentes de l’Union européenne et de l’ONU.

Cet espace est un espace d'expression libre dédié aux victimes. Les opinions et ressentis exprimés n'engagent que leurs auteurs.

 

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118. Valérie

Je suis Valérie, j’ai 43 ans.

Mon histoire est très courte. Une soirée comme les autres où nos parents absents, nous ont laissé sous la garde d’un proche de la famille. Nous le connaissions depuis plusieurs années. Comme souvent, nous chahutons, mes deux frères, moi, avec ce proche.
J’ai alors 11 ans, et aucune conscience d’un éventuel aspect sexuel de mon corps. Le chahut déborde un peu, le proche « dérape », au point que son index s’engouffre violemment dans mon vagin. L’index reste un temps, tourne, gratte, me fait mal. Le visage de ce proche est atroce : rouge, bouffit, fou.
Un trou ? J’avais un trou là ? Je ne suis pas abasourdie, je me défends, je crie non, je supplie. Je suis coincée : je ne peux être plus explicite… mes frères. Je comprends immédiatement que c’est grave et pourtant je ne comprends pas ce qui se passe, j’ai la tête qui tourne, je lutte, mais « discrètement ». Je ne veux pas faire peur à mes frères, petits, qui sont dans la pièce. La scène dure à peine 2/3 minutes. C’est un doigt, c’est pas grave. C’est fini.
Le soir même j’essaie d’en parler à mes parents. Et c’est finalement là que j’ai eu mal, et très peur : ma parole a glissé dans l’espace, sans rencontré aucun obstacle, sans réponse ni question, elle glissé sans frottement, à l’infini, puis s’est échouée dans le silence. Le repas s’est poursuivi « comme si de rien n’était ». L’effroi : mes parents ne me protègent pas.
J’ai très vite compris que concernant « ce proche », c’était « juste » un coup de sang, un dérapage.
J’ai également compris que mon entourage ne me protégerait pas… s’il avait l’idée de recommencer.

Des années plus tard, je suis revenue sur cet épisode, plusieurs fois : mes parents ont chaque fois nié avoir eu connaissance de cette histoire. À l’heure actuelle ils nient toujours. Pour cela, et beaucoup d’autres raisons, je ne les vois plus : c’est insupportable.

J’ai conscience que ma petite histoire « n’est pas si dramatique ».
Je souhaite témoigner ici, plus sur le silence assourdissant qui a entouré l’événement, que sur l’événement lui-même.

Par la suite j’ai évité ce proche, par tous les moyens : j’avais conscience que ce silence était une parfaite impunité… s’il lui venait à l’idée de recommencer.

J’atteste sur l’honneur la véracité des faits évoqués.