Témoignages

Les témoignages recueillis par les associations membres du CILCP sont destinés à être publiés sur ce site « Le déni, ça suffit ! ».

Par cette action, les victimes témoignent pour alerter l’opinion publique, les autorités compétentes ainsi que les instances internationales sur la réalité de leur vécu.

Par l’intermédiaire de ces témoignages, le CILCP demande l’ouverture d’un débat national sur le fléau social que constitue la pédocriminalité.

Par son action, le CILCP demande que la lutte contre la pédocriminalité soit déclarée grande cause nationale en France. Cette lutte doit être une priorité des instances internationales.

L’ensemble des personnes témoignant sur les supports du CILCP approuve le fait que ces publications soient transmises aux instances compétentes de l’Union européenne et de l’ONU.

Cet espace est un espace d'expression libre dédié aux victimes. Les opinions et ressentis exprimés n'engagent que leurs auteurs.

 

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81. Sylvie

Moi, Sylvie, 54 ans, j’ai été victime de violences sexuelles à partir de l’âge de 6 ans, par une dizaine d’hommes : un prof de maths, un médecin, des amis de mon père et des habitants du petit village où je vivais…

J’ai perdu ma mère à 6 ans dans un accident de voiture dans lequel j’étais, elle avait 23 ans (à cause d’un mec bourré). Mes grands-parents paternels se sont occupé de moi jusqu’à mes 10 ans. Mon père nous a récupérés mon frère et moi lorsque j’ai eu 10 ans pour nous emmener vivre dans un charmant petit village. Lorsque les agressions ont commencées, j’ai essayé de lui en parler et il ne m’a jamais crue. Comme il avait fait des études de psycho, il disait à qui voulait l’entendre : » Elle dit ça pour attirer l’attention car elle a perdu sa mère… ». Il a laissé entrer mon prof de maths dans ma chambre, il m’emmenait toujours chez ce médecin alors que je lui disais qu’il m’embrassait et me caressait dès que je me retrouvais seule avec lui. Personne ne m’a jamais crue, aucun adulte ne m’a tendu la main ( la plupart on même profité de ma détresse ). J’ai donc subi en me taisant… J’ai quitté le domicile de mon père vers 18 ans, quand une de mes copines est venue vivre avec lui… Scolarité médiocre car incapacité à me concentrer, comportements à risque, fractures, 4 avortements. J’ai tout refoulé et fait semblant d’aller bien jusqu’à mes 42 ans.

J’ai été tirée au sort pour être jury aux assises : un médecin qui avait tripoté une douzaine de gamines… Et là, tout est remonté. 15 jours de larmes et d’insomnies, je réalisais enfin que ce qui m’était arrivé était grave. Je suis allé voir un psy qui m’a dit que pour espérer avancer, il fallait dépenser des sous (j’avais le CMU). Je n’ai fait que 6 mois d’analyse car trop chère pour moi… Je me suis toujours sentie seule, écorchée vive, je n’ai plus de vie sociale à part mon boulot sous payé (accompagnante d’enfants en situation de handicap). Je vis avec 4 chats et un de mes fils de 23 ans qui ne sort plus de la maison. Je ne peux pas m’empêcher de penser que mon secret n’est pas étranger à cette situation…
Personne ne veut m’entendre car mon père avait une telle aura, une telle culture, une telle humanité… Je sais que je devrais reprendre une thérapie mais il n’y a rien à Poitiers (la seule assos qui m’a répondu humainement est en Belgique…). Je cherche une solution près de chez moi et gratuite mais cela semble de la science fiction… Mon père est mort d’un cancer peu de temps après que je lui ai demandé des explications, rien ne sera jamais jugé et pratiquement personne ne m’a crue ou compris l’étendue de ma souffrance et de mon besoin d’aide : j’ai entendu  » c’est bon, passe à autre chose « , ou bien  » un p’tit coup de quéquette, ça n’a jamais été dramatique  » même quand je pensais avoir à faire à des gens relativement intelligents.
La seule justice, c’est de voir ces hommes qui ont abusé de moi, de mon désarroi et qui ont nié, mourir de cancer les uns après les autres ( déjà 6 !) et c’est tant mieux !

J’atteste sur l’honneur la véracité des faits évoqués.