Témoignages

Les témoignages recueillis par les associations membres du CILCP sont destinés à être publiés sur ce site « Le déni, ça suffit ! ».

Par cette action, les victimes témoignent pour alerter l’opinion publique, les autorités compétentes ainsi que les instances internationales sur la réalité de leur vécu.

Par l’intermédiaire de ces témoignages, le CILCP demande l’ouverture d’un débat national sur le fléau social que constitue la pédocriminalité.

Par son action, le CILCP demande que la lutte contre la pédocriminalité soit déclarée grande cause nationale en France. Cette lutte doit être une priorité des instances internationales.

L’ensemble des personnes témoignant sur les supports du CILCP approuve le fait que ces publications soient transmises aux instances compétentes de l’Union européenne et de l’ONU.

Cet espace est un espace d'expression libre dédié aux victimes. Les opinions et ressentis exprimés n'engagent que leurs auteurs.

 

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168. Sébastien

Moi, Sébastien, j’ai été victime de violences sexuelles entre mes 6 ans et mes 8 ans, j’ai été victime plusieurs fois d’attouchements sexuels de la part d’un prédateur sexuel (pédocriminel). Cette personne était le mari de la personne qui nous gardait (mon frère et moi), le matin, avant de nous amener à l’école.

Je ne sais pas si sa femme était au courant ou complice de ses agissements, cependant, je me rappelle en détails d’au moins 4 fois, ou prétextant qu’il voulait me montrer quelque chose (dessin animé, livre…), je me suis retrouvé seul dans une pièce de sa maison à subir ces conneries.

Toutes les fois où cet (homme) était là, je faisais attention à ce que mon frère ne se retrouve jamais seul avec lui, en fait c’était comme si je me livrai pour le protéger. Cette personne collectionnait, en plus, les armes à feu, cela demeurait donc particulièrement difficile de le dénoncer à mes parents, car il avait même réussi à annihiler, par la présence de ces armes, tout sentiment de révolte, comme si je subissais aussi pour ne pas qu’il s’en prenne à mes parents.

Très vite des troubles de la parole me sont arrivés (blocage verbal, bégaiements), ma mère me fit rencontrer un psychologue, mais je ne voulais parler de ça à personne, et je trouvai la solution en faisant croire au psychologue et à ma mère que mon trouble verbal était du à l’arrêt de ma pratique du foot.

Cette personne par la suite changea de région, mais je mis plusieurs années, vers l’âge de mes 25 ans avant d’en parler à mon frère et ma sœur qui était né par la suite. Dans un soucis de ne pas culpabiliser mes parents je ne leur en ai jamais parlé. Ce n’ai que par la pratique intensive de la méditation et des arts martiaux que je pu reprendre pied émotionnellement et socialement dans la vie de tous les jours. Je dois dire cependant, que ce ne fut pas simple durant mon adolescence et ma phase de jeune adulte car pour moi la confiance et la sincérité était devenu si important que je mis du temps à me livrer sentimentalement.

J’ai maintenant 44 ans, 2 enfants et une femme formidable. Mon long parcours, agrémenté en plus d’une maladie, m’a fait observer la vie sous plusieurs facettes. Je suis passé par de nombreuses phases difficiles, mais je prends maintenant tout ceci comme des expériences de vie, même si un goût amère ressort toujours par moment en moi, car je ne comprends pas que ces sujets de criminalité soit si peut traité par les médias et les instances judiciaires. Depuis plusieurs années, j’ai parlé de ce qui m’est arrivé à plusieurs ami(e)s dont des policiers, mais même eux, à cause des délais de prescription, et de la lenteur des tribunaux, sont démunis face à ce fléau et à l’indifférence des pouvoirs publics.

Je m’en suis longtemps voulu de ne pas avoir signalé cet individu malveillant, quand j’étais jeune, car je suis sûr qu’il a recommencer ailleurs. Mais maintenant, je partage cette expérience afin de participer à un éveil nécessaire des consciences. Ce fléau touche énormément de personnes dans le monde, combien de malheur, de vies brisés ? Nous devons agir !

J’atteste sur l’honneur la véracité des faits évoqués.