Témoignages

Les témoignages recueillis par les associations membres du CILCP sont destinés à être publiés sur ce site « Le déni, ça suffit ! ».

Par cette action, les victimes témoignent pour alerter l’opinion publique, les autorités compétentes ainsi que les instances internationales sur la réalité de leur vécu.

Par l’intermédiaire de ces témoignages, le CILCP demande l’ouverture d’un débat national sur le fléau social que constitue la pédocriminalité.

Par son action, le CILCP demande que la lutte contre la pédocriminalité soit déclarée grande cause nationale en France. Cette lutte doit être une priorité des instances internationales.

L’ensemble des personnes témoignant sur les supports du CILCP approuve le fait que ces publications soient transmises aux instances compétentes de l’Union européenne et de l’ONU.

Cet espace est un espace d'expression libre dédié aux victimes. Les opinions et ressentis exprimés n'engagent que leurs auteurs.

 

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Brisez votre silence
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149. Sarah

Bonjour à tous. Je m’appelle Sarah, j’ai 32 ans.
Je souhaite témoigner pour sortir du silence dans lequel je me suis murée depuis si longtemps…
Voici mon histoire : enfant, je ne peux pas dire exactement à quel âge, je dirais entre 3 et 7 ans mon frère qui avait environ 15 ans à l’époque a abusé de moi, il m’a clairement violée de manière répétée. J’ai en mémoire quelque scènes, il m’isolait dans sa chambre, me disant que c’était un jeu et que tous les grands frères jouaient à cela avec leur petite sœur, et bien évidemment j’y ai cru. Je ne sais pas combien d’années cela a duré, cela reste flou. Mais je me souviens qu’à un moment donné, j’ai compris que tout cela n’était pas normal.
Je me souviens qu’un jour ma mère a surpris la scène et qu’elle n’a pas réagi, une autre fois je suis allée la voir en pleurs, des larmes de douleur physique mais aussi d’épuisement, je voulais que cela cesse, je n’en pouvais plus, je lui ai montré l’endroit où j’avais mal (mon sexe me brulait), je pleurais toutes les larmes de mon corps, c’était trop, et là, cette mère à qui je criais à l’aide, à qui je clamais ma souffrance, à qui je demandais de m’aider et de me protéger… Cette mère me fit taire de manière brusque et se contenta de me passer de la crème de manière énervée sans même me réconforter. Elle savait, elle voyait, mais elle a décidé de faire comme si elle n’avait rien vu.
A ce moment là je ravala tout ma colère, ma souffrance, ma colère et me sentis trahie à jamais par ma propre mère. Double trahison, un frère violeur, une mère qui me laisse tomber dans ce pire moment de ma petite vie.
Je n’ai jamais oublié ce qu’il m’a fait, j’ai grandi avec cela.
A l’école, j’étais isolée et je ne parlais pas au point que mes camarades me pensaient muette. J’avais toujours peur, j’étais toujours stressée. Je ne jouais pas avec les autres, je me sentais différente c’est comme si je n’avais pas le droit de m’amuser… Aujourd’hui à 32 ans, je porte encore les séquelles de ce traumatisme, difficultés relationnelles, peu d’amis, évitement, instabilité professionnelle.
J’ai démarré un travail de thérapie, depuis peu j’en ai parlé à ma thérapeute.
Je trouve cela injuste de devoir financer une thérapie alors que l’on est victime, et de plus les thérapeutes ne sont pas toujours bien formés pour ce type d’histoire. Aujourd’hui j’ai besoin de me réparer, j’ai l’envie de vivre même si je ressens un sentiment de mort intérieurement. Je suis à la recherche de dispositif d’accompagnement pour les victimes d’inceste. Je ne souhaite pas engager de poursuites judiciaires je veux juste être aidée et accompagnée pour pouvoir évoluer face aux difficultés que je rencontre dans ma vie, qui j’en suis convaincue sont liées étroitement à ces viols. Le chemin de la reconstruction est long et difficile souvent accompagné de solitude mais en parler est salvateur… J’espère voir de plus en plus de groupe de paroles fleurir dans toutes les villes.
Je souhaite bien du courage à toutes les victimes et surtout je souhaite leur insuffler l’envie de vivre malgré tout.
Je trouve regrettable qu’en France il n’existe pas de structures adaptées et spécialisées pour les personnes victimes d’abus, et aussi je regrette le manque de prévention dans les écoles, le manque d’espace de dialogue pour permettre aux enfants abusés de parler.

J’atteste sur l’honneur la véracité des faits évoqués.