Témoignages

Les témoignages recueillis par les associations membres du CILCP sont destinés à être publiés sur ce site « Le déni, ça suffit ! ».

Par cette action, les victimes témoignent pour alerter l’opinion publique, les autorités compétentes ainsi que les instances internationales sur la réalité de leur vécu.

Par l’intermédiaire de ces témoignages, le CILCP demande l’ouverture d’un débat national sur le fléau social que constitue la pédocriminalité.

Par son action, le CILCP demande que la lutte contre la pédocriminalité soit déclarée grande cause nationale en France. Cette lutte doit être une priorité des instances internationales.

L’ensemble des personnes témoignant sur les supports du CILCP approuve le fait que ces publications soient transmises aux instances compétentes de l’Union européenne et de l’ONU.

Cet espace est un espace d'expression libre dédié aux victimes. Les opinions et ressentis exprimés n'engagent que leurs auteurs.

 

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138. Ophélie

Moi, Ophélie, j’ai été victime d’attouchements de 12 à 16 ans par mon beau-père de l’époque. Cela a commencé par une chamaillerie dans le couloir et une main glissée sous mon tee-shirt et qui est allée fouiller mes seins d’ado, puis un trou dans le mur de la salle de bain et un œil voyeur, des livres pornos oubliés délibérément sur le bureau et puis le jour de son mariage avec ma mère, il est venu se coucher près de moi en pleine nuit, il me disait que sa fille à lui lui manquait et qu’il ne voulait rien de mal. J’avais peur, je ne pouvais pas réagir, ni bouger, ni parler. Par la suite, il venait toujours se glisser dans mon lit tard dans la nuit, ma mère ne devait rien entendre, ou ne voulait pas entendre, j’avoue ne jamais lui avoir parlé de cela. Mon attitude s’est fortement dégradée, j’étais irritable, je devenais une ado caractérielle, « elle fait sa crise »… Je bouillais car je ne pouvais rien dire, je me sentais mal, impuissante, le dire à quelqu’un ? Ma mère, mais ça la tuerait, elle qui a tant donné pour lui, lui qui l’a trompée, qu’il l’a épuisée au travail et qui nous a éloignées, si en plus il m’avait fait ça… Mon père, j’aurais peur qu’il fasse des représailles et qu’il aille en prison… En classe de 3ème ou 2nde, je ne me souviens plus trop, je ne sais plus, je prenais des gélules le soir pour la mémoire ou quelque chose comme ça, une fois je m’amuse à décapsuler une gélule et j’y trouve un morceau blanc, comme un médicament, je trouve cela bizarre, j’ouvre toutes les gélules et dans chacune d’elle je trouve un médicament, dessus il est écrit Stilnox. Je comprends très vite que ce sont des somnifères et que la seule personne capable de faire ça s i méticuleusement c’est lui. Je garde et regarde longuement ces cachets blancs dans ma main, les prendre tous pour en finir, crier au secours… Je comprends mieux les impressions de présence que j’ai la nuit, comme si une ombre se glissait régulièrement dans ma chambre, mon lit, mais mes souvenirs ne sont que des sensations, je crois que mon cerveau a enfoui cela et à 36 ans aujourd’hui je suis incapable de me rappeler de ces nuits, je pensais que des séances d’hypnose pourrait m’aider à reconstruire ma mémoire. Il me laissé aussi des mots salace sur son bureau du genre je vais te faire découvrir ton corps, il continuait à regarder par le nouveau trou du mur de la nouvelle salle de bain, de notre nouvelle maison. Après l’épisode des somnifères, je lui ai écrit une lettre lui stipulant de me foutre la paix, et il l’a fait. Mes relations affectives, sociales et familiales sont désastreuses, j’ai longtemps erré dans des relations où l’engagement, la construction d’une famille, avoir des enfants étaient inconcevables. Les relations sexuelles posent toujours un problème à un moment donné, entre pulsion et abstinence, une libido très pauvre et qui m’empêche d’avoir des relations simples et authentiques. A présent avec un homme très doux, j’ai l’impression d’avancer mais la sexualité reste un problème, il ne se sent pas désiré, nos relations sont compliquées. Je vis peut-être les dernières semaines avec cet homme qui ne supporte plus cette situation, qui est au courant mais qui ne comprend pas mes blocages, que moi-même j’ai du mal à identifier. Mon beau-père de l’époque était un pervers, des zones d’ombre planent dans ma mémoire, il a gâché mes relations avec mes parents car je me suis sentie non protégée et je leur en ai voulu et peut-être même encore aujourd’hui, il a gâché mes histoires d’amour, aucun plaisir orgasme jusqu’à 23 ans malgré des rapports avec mon copain de l’époque, je me disais que je n’étais pas normale. Je suis devenue boulimique anorexique de 14 à 24 ans, je me détruisais, mon entourage voyais que je n’allais pas bien mais il ne me disait rien ni mes parents, ni mes amis, si mon père m’offre un bouquin de Rufo, histoire que je me psychanalyse seule, il me lâche que je suis bipolaire.  C’est finalement une connaissance avec qui je ne suis pas très proche, qui lors d’une soirée et d’une prise de photo me dit « mais souris, regarde tu n’arrives pas à sourire… ». C’est une claque et elle sera salutaire, c’est le début de mon combat contre la boulimie anorexie que j’ai remporté. J’aspire à présent à un apaisement dans mes relations familiales et affectives.

J’atteste sur l’honneur la véracité des faits évoqués.