Témoignages

Les témoignages recueillis par les associations membres du CILCP sont destinés à être publiés sur ce site « Le déni, ça suffit ! ».

Par cette action, les victimes témoignent pour alerter l’opinion publique, les autorités compétentes ainsi que les instances internationales sur la réalité de leur vécu.

Par l’intermédiaire de ces témoignages, le CILCP demande l’ouverture d’un débat national sur le fléau social que constitue la pédocriminalité.

Par son action, le CILCP demande que la lutte contre la pédocriminalité soit déclarée grande cause nationale en France. Cette lutte doit être une priorité des instances internationales.

L’ensemble des personnes témoignant sur les supports du CILCP approuve le fait que ces publications soient transmises aux instances compétentes de l’Union européenne et de l’ONU.

Cet espace est un espace d'expression libre dédié aux victimes. Les opinions et ressentis exprimés n'engagent que leurs auteurs.

 

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17. Nathalie

Moi, Nathalie D., petite fille, je n’arrive pas à déterminer encore aujourd’hui à quel âge exactement, 7 ou 8 ans, j’ai été violée par un inconnu barbu qui m’a attirée dans un sous-sol pour me faire jouer avec « sa poupée toute chaude ». Je n’en ai parlé à personne, j’avais trop peur de me faire gronder. J’ai aussi subi en colonie de vacances des attouchements de la part d’un moniteur. Je n’ai pas oublié mais j’ai occulté ces évènements. Et puis en 2009, mon fils alors âgé de 16 ans a lui aussi été victime de viols par un surveillant en internat dans une structure de sport de haut niveau. Il a parlé car son camarade de chambre, victime lui aussi, l’a fait le premier. Mon fils a été détruit, il a souffert de crises de stress post-traumatique, d’automutilation, de tentative de suicide et pendant longtemps il refusait toute thérapie jusque ce que je sois obligée de demander son internement lors de l’une de ses crises. C’est en rencontrant une thérapeute d’une association de victimes de violences sexuelles pour aider au mieux mon fils, avant qu’il n’accepte de la rencontrer, que j’ai pu enfin regarder en face mon propre viol et ses conséquences : à 48 ans je comprenais enfin que je n’en étais pas responsable. Je comprenais le pourquoi de la promiscuité de mon adolescence, de mes conduites à risques, de mes dysménorrhées sévères jusqu’à m’en évanouir. L’état de mon fils s’est empiré après le déni de justice : non-lieu confirmé en appel, non-lieu immonde traitant mon fils de menteur, puis une campagne de presse nationale pour laver l’honneur de l’agresseur. Dans le milieu sportif, la majorité a rejeté mon fils et rarissimes ont été les soutiens. Et plus tard, une bien piètre réparation que le rejet de la plainte de l’agresseur pour « dénonciation calomnieuse » grâce au travail sérieux du gendarme chargé de l’enquête. Mon fils à 22 ans n’est pas encore guéri, il ne s’est pas encore vidé de la haine qui l’a englouti ces maudites nuits de 2009. Après plus de deux ans de déscolarisation et d’inactivité, il se reconstruit petit à petit depuis un an.

J’atteste sur l’honneur la véracité des faits évoqués