Témoignages

Les témoignages recueillis par les associations membres du CILCP sont destinés à être publiés sur ce site « Le déni, ça suffit ! ».

Par cette action, les victimes témoignent pour alerter l’opinion publique, les autorités compétentes ainsi que les instances internationales sur la réalité de leur vécu.

Par l’intermédiaire de ces témoignages, le CILCP demande l’ouverture d’un débat national sur le fléau social que constitue la pédocriminalité.

Par son action, le CILCP demande que la lutte contre la pédocriminalité soit déclarée grande cause nationale en France. Cette lutte doit être une priorité des instances internationales.

L’ensemble des personnes témoignant sur les supports du CILCP approuve le fait que ces publications soient transmises aux instances compétentes de l’Union européenne et de l’ONU.

Cet espace est un espace d'expression libre dédié aux victimes. Les opinions et ressentis exprimés n'engagent que leurs auteurs.

 

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124. Michèle

Moi, Michèle, 68 ans, j’ai été victime de violences sexuelles étant mineure.

J’étais enfant, j’avoue que je ne me souviens plus de mon âge (6/7 ans pas plus peut-être moins). Un lundi ma mère et son mari ont pris le camion du marché (vieux et lent). Nous avons roulé des heures et des heures sans qu’ils me disent où nous allions. Le soir, nous sommes arrivés sur une petite place avec de petites maisons sans étage, derrière les bois, les champs. Des gamins, des adolescents et des adultes sont sortis. J’ai été entrainée dans le jardin derrière pour voir les poules, les canards… Quand je suis revenue le camion était parti. Sans un au-revoir, sans explication, j’ai été laissée là avec des inconnus. On m’a fait voir mon lit. J’ai pensé: « Il est grand » sauf que nous dormions en quinconce à 4 dans ce lit. J’ai été placée juste au bord, coté du vide. Et dès la première nuit, une main s’est glissée dans le noir pour chercher mon sexe. J’ai bougé, repoussé cette main qui venait de l’extérieur des couvertures. Les autres dans les lits (2 lits) entendaient. Personne n’a bougé. Mon enfer à commencé dès le lendemain avec Jean-Jacques apprenti volailler qui torturait les poules et les lapins de la famille devant nous. Il était grossier, cruel, mauvais et souvent tabassé par son père. Les premières fellations qui m’étouffaient ont été une obligation journalière dès qu’il était là, rentrait du travail ou restait le week-end (Là,c’était plusieurs fois par jour dans les bois, dans les appentis, partout). Puis il s’est mis sur moi pour me tripoter partout avec violence et mettre ses doigts pour « ouvrir le passage ». J’allais à l’école de la ville seule à pieds (l’école était mon refuge), les enfants de la famille et les voisines avaient ordre de me laisser seule. Je me faisais agressée : « Parigot tête de veau, parisien tête de chien ». Puis les coups sont venus, gratuits, violents parce que j’étais une bonne élève appréciée par la maitresse. (Quand j’ai eu le premier prix du canton avec un article dans le journal local, j’ai été tabassée par les élèves.) J’étais très frisée mais cheveux très blancs, je suis un peu métissée, je ne connais pas mon père, encore une tare… Personne ne m’a jamais aidée, écoutée. Il n’y avait pas de téléphone, ma mère n’est venue qu’une fois en 2 ou 3 ans (je ne saurais pas vous dire combien de temps je suis restée dans cette maison de fous). Et quand je suis revenue chez ma mère, j’avais un petit frère adoré par sa mère, qui n’était déjà plus la mienne. Son mari a commencé a me regarder de façon différente que quand j’étais enfant. Un dimanche alors que ma mère faisait le marché et que le gamin jouait dehors. Le mari de ma mère m’appelle dans la salle de bain. Il est debout nu dans un baquet en zinc posé dans la douche pour prendre le bain. Je ne vois que son sexe énorme, rouge qui bouge. Il veut que je lui frotte le dos. Je ne sais pas quoi faire, je suis tétanisée. Je fuis dans ma chambre qui ne ferme pas à clef, je pousse la commode devant la porte. Ma mère rentre, m’appelle pour l’aider. Elle entend que je pousse le meuble. Je sors, elle voit mon regard fuyant, voit son mec sortir de la salle de douche pas à l’aise non plus et comprend immédiatement la situation. Elle me gifle, me dit que j’ai cherché avec mes yeux de salope. Je portais le nom de cet homme(on me faisait croire que c’était mon père alors que je n’étais même pas adoptée (Michèle G. dite « M. »). G. je n’ai connu que quand j’ai passé mon certificat d’études primaires où il fallait que ce soit mon vrai nom qui figure sur les feuilles. Je suis tombée de très haut. Ce n’est que le début d’un enfer qui m’a jeté dans les bras du premier homme venu qui m’a tabassée, pulvérisée, m’a fait un enfant et que j’ai été obligée de fuir si je ne voulais pas mourir avec mon fils sous les coups de ce malade alcoolique. Toute ma vie est faite d’échecs, de souffrances, de désespoir et parfois de plages plus calmes. Je ne parlais pas de mon histoire. C’est depuis quelques années que j’arrive à me dire la vérité (15 ans environ). Mon demi-frère ancien gendarme nie l’évidence tout en sachant que son père était un obsédé sexuel qui ne parlait que sexe, blagues graveleuses. Il aurait parlé avec lui avant sa mort et il aurait nié les faits… J’ai 68 ans, un cancer depuis trois ans. Je n’aime pas ma vie même si j’aime la nature, les gens, ma fille, l’art, la musique, l’autre coté de la vie.
C’était à C., 4 allée des cognées, c’est resté gravé dans ma tête alors que j’ai perdu de la mémoire à cause de la morphine, de la chimio et des traitements lourds. La famille M., le père mécano place des Essarts à C.. J’ai fait une fugue de 2 jours avec un gamin tabassé d’une ferme voisine. (La famille s’est bien gardée d’appeler les gendarmes). Après, j’ai eu la paix coté sexuel mais mon assiette était pillée par les aînés et j’étais menacée de mille morts. Deux garçons s’occupaient de mon cas, Jean-Jacques et Guy un grand alcoolique déjà à ce moment là. La famille: 1) Claude l’ainé repris de justice et soldat en Algérie, 2) Guy, 3) Jean-Jacques, 4) Monique, 5) Bernard, 6) Annick, 7) Michel mon filleul né pendant que j’étais là. Un enfant placé comme moi 8) « Vivi! » et moi qu’ils appelaient : « Guette au trou ».
Je sais aujourd’hui que j’ai occulté plein de maltraitances, de viols, de souffrances et qu’aujourd’hui elles me rongent le cœur et l’esprit.

J’atteste sur l’honneur la véracité des faits évoqués.