Témoignages

Les témoignages recueillis par les associations membres du CILCP sont destinés à être publiés sur ce site « Le déni, ça suffit ! ».

Par cette action, les victimes témoignent pour alerter l’opinion publique, les autorités compétentes ainsi que les instances internationales sur la réalité de leur vécu.

Par l’intermédiaire de ces témoignages, le CILCP demande l’ouverture d’un débat national sur le fléau social que constitue la pédocriminalité.

Par son action, le CILCP demande que la lutte contre la pédocriminalité soit déclarée grande cause nationale en France. Cette lutte doit être une priorité des instances internationales.

L’ensemble des personnes témoignant sur les supports du CILCP approuve le fait que ces publications soient transmises aux instances compétentes de l’Union européenne et de l’ONU.

Cet espace est un espace d'expression libre dédié aux victimes. Les opinions et ressentis exprimés n'engagent que leurs auteurs.

 

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8. Martine

Moi Martine W., âgée de 59 ans, j’ai de 5 ans à 12 ans , été régulièrement sexuellement agressée par mon père.

Très malade à l’âge de 7 ans, on m’a envoyée dans un sanatorium à la montagne pendant 3 mois où l’on m’a « gavée » pour me faire grossir. Je suis rentrée. Tout a recommencé, mais je n’ai plus vomi.
Comme si cela ne suffisait pas, plus tard, alors que ma vie était sentimentalement très chaotique et que j’étais amnésique concernant cet inceste, j’ai parfois confié ma fille à mes parents en la croyant en sécurité. Il a recommencé sur mon enfant. Elle avait 7 ans.
Je l’ai découvert à 45 ans, le jour où ma fille âgée de 22 ans, m’a révélée les faits. Je suis sortie du déni à cet instant.
Ma vie s’est écroulée : « Pourquoi elle ? Pourquoi ? »
Nous avons informé la famille et entamé les démarches judiciaires. Nous avons ainsi découvert que nous étions au moins 6 enfants d’une même famille allant de mon oncle à mon neveu et ma nièce en passant par moi et mon frère (ensemble en même temps) et ma fille, à avoir été victimes de mon père.

Aujourd’hui il est mort. Je suis une survivante de l’inceste.
Ma fille est mariée et mère de 3 enfants (un garçon de 6 ans et 2 jumelles de 1an et demie). Elle semble enfin heureuse et je me réjouis de ce bonheur. Pourtant nos rapports sont très difficiles et notre relation alterne entre amour et colère. Ma fille me rejette parfois car je symbolise son inceste.
Je souffre particulièrement en cette période de Noël de ne pas avoir une vie de famille normale et de ne pas pouvoir profiter pleinement de mes petits enfants à cause de tout cela. Pourtant, sans pardonner, je n’ai plus de haine. C’est ma victoire sur l’inceste.

Enfin :
– pour que les choses bougent,
– pour que la société prenne conscience de ce fléau,
– pour que plus aucun enfant n’ait à subir ce que j’ai subi,
depuis 6 ans, je milite activement à l’Association Internationale des Victimes de l’Inceste (AIVI) où notamment, j’anime des groupes de parole et où notamment, je témoigne et j’interviens en tant qu’experte de l’inceste, auprès des professionnels de santé, des élus, des enseignants… .

J’atteste sur l’honneur la véracité des faits.