Témoignages

Les témoignages recueillis par les associations membres du CILCP sont destinés à être publiés sur ce site « Le déni, ça suffit ! ».

Par cette action, les victimes témoignent pour alerter l’opinion publique, les autorités compétentes ainsi que les instances internationales sur la réalité de leur vécu.

Par l’intermédiaire de ces témoignages, le CILCP demande l’ouverture d’un débat national sur le fléau social que constitue la pédocriminalité.

Par son action, le CILCP demande que la lutte contre la pédocriminalité soit déclarée grande cause nationale en France. Cette lutte doit être une priorité des instances internationales.

L’ensemble des personnes témoignant sur les supports du CILCP approuve le fait que ces publications soient transmises aux instances compétentes de l’Union européenne et de l’ONU.

Cet espace est un espace d'expression libre dédié aux victimes. Les opinions et ressentis exprimés n'engagent que leurs auteurs.

 

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53. Marie-Hélène

Moi, Marie-Hélène D., j’ai été victime d’attouchements et de pénétrations à l’âge de 7 ans par mon grand-père maternel. C’était pendant la sieste, l’été, les vacances. J’ai aussi été victime d’attouchements par mon grand-frère à l’âge de 9 ans. Toujours l’après-midi. Au plus fort de la chaleur, quand tout le monde dormait.
 J’ai consulté un premier psychologue à l’âge de 8 ans, car j’étais presque muette à l’école, extrêmement timide vis-à-vis de mes camarades, malgré de très bons résultats. La psychologue a déclaré que c’était un problème de relation avec ma mère, alors que je n’avais aucun problème avec elle, au contraire, sa présence me rassurait. À aucun moment les psychologues ou psychiatres que j’ai rencontrés ne m’ont posé la bonne question. Pire, le jour où j’en ai parlé pour la première fois à 28 ans à un psychiatre, il a SOURI et m’a dit : « Mais oui, bien sûr, bien sûr… ». Cela m’a profondément blessée. Je ne l’ai plus évoqué avec lui.

A part cet épisode unique avec ce « professionnel », je n’ai pas pu en parler avant l’âge de 40 ans.

Aujourd’hui, j’ai 55 ans, et je continue à y penser tous les jours. Je souffre de crises d’angoisse terrifiantes et très handicapantes depuis des années. Je consulte toujours un psychiatre. Je prends un anti-dépresseur pour espacer ces crises.

Je rajoute que j’en ai parlé à ma mère, qui m’a dit me croire, mais qui fait comme si depuis lors rien ne s’était passé. Comme si je ne lui avais rien dit.

J’en ai parlé à mon frère agresseur, je lui ai seulement demandé de s’excuser… Il m’a répondu : « Tu l’as dit à maman ? Puis aussitôt … : « Je ne m’en souviens pas »… alors qu’il avait 17 ans à l’époque. Il coule une retraite heureuse. Comme mon grand-père, qui est décédé avant que je n’en parle.

Je tiens à rajouter qu’après avoir été une « enfant-modèle », j’ai explosé à 14 ans. J’ai eu une adolescence terrible : toxicomanie, fugues. Héroïne. Je m’en suis sortie. J’ai fait des études… au hasard. Je n’ai jamais su au fond qui j’étais et qui je suis.

J’atteste sur l’honneur la véracité des faits évoqués.