Témoignages

Les témoignages recueillis par les associations membres du CILCP sont destinés à être publiés sur ce site « Le déni, ça suffit ! ».

Par cette action, les victimes témoignent pour alerter l’opinion publique, les autorités compétentes ainsi que les instances internationales sur la réalité de leur vécu.

Par l’intermédiaire de ces témoignages, le CILCP demande l’ouverture d’un débat national sur le fléau social que constitue la pédocriminalité.

Par son action, le CILCP demande que la lutte contre la pédocriminalité soit déclarée grande cause nationale en France. Cette lutte doit être une priorité des instances internationales.

L’ensemble des personnes témoignant sur les supports du CILCP approuve le fait que ces publications soient transmises aux instances compétentes de l’Union européenne et de l’ONU.

Cet espace est un espace d'expression libre dédié aux victimes. Les opinions et ressentis exprimés n'engagent que leurs auteurs.

 

À ce jour
0
0
1
6
6
personnes
ont témoigné
Brisez votre silence
TÉMOIGNEZ ICI !
141. Marie

Moi, Marie, 50 ans, j’ai été victime de violences sexuelles étant mineure.

Pour moi tout c’est fini à l’âge de 8 ans, j’en ai aujourd’hui 50 et je ne sais pas quand ça a commencé… sans doute tôt. Je suis la dernière de 7 enfants (4 garçons et 3 filles). tous mes frères et sœurs ont subi la perversité de notre géniteur. Ma mère ne savait rien et ne pouvait se douter de rien. Née en 1925 et orpheline de mère à 4 ans, elle a été placée dans un orphelinat géré par des sœurs. Quand elle est sortie, elle n’avait jamais entendu parlé de reproduction et encore moins de sexe ou de déviance sexuelle. A l’époque c’était tabou et encore plus dans la religion.
C’est donc à l’âge de 8 ans que mon grand frère (le deuxième) alors âgé de 27 ans a eu le courage de dévoiler à ma mère ce qu’il se passait. Pour elle se fut une grande claque.
Je ne peux pas dire comment cela s’est passé étant trop jeune.
Mais nous sommes restés chacun dans notre coin, isolés, sans en parler entre nous. Ma mère m’a emmenée chez le médecin qui m’a auscultée les voie génitales et j’ai vécu cela de manière violente. J’ai dû raconter ce que je subissais et j’ai ressenti de la culpabilité.
Nous étions sous l’emprise d’un pervers narcissique. Aucune action en justice n’a été faite et aucun suivi psychologique non plus. Ce n’était pas dans les mœurs de l’époque.
Arrivée adulte j’aurais voulu faire quelque chose mais mes frères et sœurs ne voulaient pas. J’arrivais à en parler avec l’une de mes sœurs et un peu avec ma mère. C’était difficile mais j’étais la seule à pouvoir en parler. Peut-être parce que pour moi ça c’est fini plus tôt que pour les autres…
Mes deux grands frères sont partis tôt de la maison, j’étais très jeune car j’ai 19 et 21 ans d’écart avec eux.

Après la dénonciation, tout c’est fini. Les disputent étaient incessantes et l’ambiance horrible. Notre géniteur est parti de la maison à la retraite. Moi j’avais 15 ans.

Depuis j’ai construis ma vie, j’ai 3 enfants, un petit-fils et je travaille dans le domaine éducatif.
Ma grande sœur pour qui cela s’est arrêté quand elle avait 18 ans n’a jamais pu faire sa vie avec un homme tout comme mon autre sœur ni mon dernier frère.

Le frère qui a tout dévoilé est décédé d’une crise cardiaque à 44 ans.
Ma grande sœur aujourd’hui âgée de 60 ans après avoir eu un cancer est dans un état psychologique déplorable (mélancolie très grave).
Ma mère est décédée d’Alzheimer (elle a été très malheureuse toute sa vie). Mon autre sœur suit une thérapie depuis de longues années (c’est la seule). Mon frère qui est au-dessus de moi est seul très mal dans sa peau… Je pourrais écrire un roman comme beaucoup mais merci pour ce site qui permet de s’exprimer. Il faut que cela cesse !

J’atteste sur l’honneur la véracité des faits évoqués.