Témoignages

Les témoignages recueillis par les associations membres du CILCP sont destinés à être publiés sur ce site « Le déni, ça suffit ! ».

Par cette action, les victimes témoignent pour alerter l’opinion publique, les autorités compétentes ainsi que les instances internationales sur la réalité de leur vécu.

Par l’intermédiaire de ces témoignages, le CILCP demande l’ouverture d’un débat national sur le fléau social que constitue la pédocriminalité.

Par son action, le CILCP demande que la lutte contre la pédocriminalité soit déclarée grande cause nationale en France. Cette lutte doit être une priorité des instances internationales.

L’ensemble des personnes témoignant sur les supports du CILCP approuve le fait que ces publications soient transmises aux instances compétentes de l’Union européenne et de l’ONU.

Cet espace est un espace d'expression libre dédié aux victimes. Les opinions et ressentis exprimés n'engagent que leurs auteurs.

 

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171. M.

Moi, M., 48 ans, j’ai été victime une première fois entre 3 et 5 ans,
d’abus sexuels, de la part d’un oncle. Puis victime d’un autre oncle
(son frère) à l’âge de 8 à 9 ans. Et encore victime à l’adolescence de
la part du deuxième mari de ma mère.
J’ai été condamnée, en 2015, pour avoir tué ce dernier. Je l’ai tué,
effectivement. Je l’ai tué et j’ai appelé moi-même la police pour leur
dire ce que je venais de faire. J’ai effectué ma peine de prison, je
suis désormais « libre ». Certes, je le suis légalement, aux yeux de la
société, pour le crime que j’ai commis. Mais je ne le serai jamais
vraiment. Je ne l’ai jamais été, car mon corps, dont je ne peux me
défaire, garde la pourriture et les souillures que ces trois hommes ont
laissées en moi. A jamais. Ma vie n’a jamais été vraiment « normale ».
Aucune relation sentimentale possible, méfiance envers tout le monde,
tout le temps. Je souffre, d’après l’expert psychiatre qui a témoigné à
mon procès, d’hyperesthésie relationnelle. Ma vie est une succession
d’échecs sur à peu près tous les plans, car je n’ai jamais réussi à me
construire proprement. Je suis prisonnière d’un corps qui me révulse, et
même si dans un moment de « folie » j’ai tué l’un de mes violeurs, ça ne
m’a pas apaisée, ni guérie. La honte, le dégoût, la colère et le
sentiment d’injustice accompagnent tous les moments de ma vie.
Le plus incroyable, c’est que mon statut de victime, je l’ai obtenu lors
du procès d’Assises où l’on me jugeait comme coupable. Ironique.
Je ne me glorifie pas du tout de ce double statut victime/coupable.
Mais je souhaite que mon témoignage permette de comprendre une chose :
si l’on ignore la souffrance, le désespoir, le sentiment d’injustice
d’une victime… On prend le risque qu’un jour, la victime devienne à
son tour soit l’agresseur (un pédocriminel), soit dans mon cas, une
meurtrière.
Je regrette tous les jours mon geste, car j’ai connu la prison, les
contraintes judiciaires, les Assises. Et ça n’a rien réglé.
Rien.

J’atteste sur l’honneur la véracité des faits évoqués.