Témoignages

Les témoignages recueillis par les associations membres du CILCP sont destinés à être publiés sur ce site « Le déni, ça suffit ! ».

Par cette action, les victimes témoignent pour alerter l’opinion publique, les autorités compétentes ainsi que les instances internationales sur la réalité de leur vécu.

Par l’intermédiaire de ces témoignages, le CILCP demande l’ouverture d’un débat national sur le fléau social que constitue la pédocriminalité.

Par son action, le CILCP demande que la lutte contre la pédocriminalité soit déclarée grande cause nationale en France. Cette lutte doit être une priorité des instances internationales.

L’ensemble des personnes témoignant sur les supports du CILCP approuve le fait que ces publications soient transmises aux instances compétentes de l’Union européenne et de l’ONU.

Cet espace est un espace d'expression libre dédié aux victimes. Les opinions et ressentis exprimés n'engagent que leurs auteurs.

 

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66. Lunaya

Moi, Lunaya, 51 ans, j’ai été victime de violences sexuelles de l’âge de 3 ans à 6 ans et demi par un ami de mon père âgé de 45 ans à l’époque des faits, puis à l’âge de 11 ans par un de mes frères de 10 ans , puis à l’âge de 13 ans par le filleul de ma grand-mère paternelle âgé de 28 ans, puis de l’âge de 16 à 18 ans par plusieurs garçons au collège et en colonie de vacances et plus tard à l’âge de 21 ans par un inspecteur de police qui m’avait recueillie chez lui car je m’étais enfuis de chez mes parents pour tenter de sauver ma peau! Je suis restée 5 et demi avec lui en me faisant violer (à l’époque je n’étais qu’un objet pour lui car sous emprise et dans le déni) avant de me sauver à nouveau. Et la suite, en conséquence de tous ces traumatismes graves, je me suis isolée dans le silence pour éviter de côtoyer des hommes et éviter de continuer à subir, un autre enfer m’attendra plus tard avec les 3 partenaires qui m’ont choisis (pervers narcissiques de haut vol). Je m’arrête là car c’est trop lourd et long à formuler. Voici ce que je peux dire en écourtant largement la déposition de ces calvaires subis.

Mon enfance a été un calvaire sans fin car en plus des viols et autres agressions sexuelles subies depuis mon plus jeune âge et au quotidien de ma naissance jusqu’à ce que je me sauve de chez mes bourreaux de « parents » des maltraitances et tortures en tout genre dont je porte encore les stigmates.

J’ai été élue esclave attitrée de toute la fratrie ou je suis née, dès l’âge de 4 ans (oui ce n’est pas une fiction) qui se moquait de moi et me violentait à tout va au quotidien pour assouvir la rage de leur refoulement des blessures qu’ils avaient eux-mêmes subits (et qu’ils maintenaient par le déni) par les adultes abuseurs dont leurs parents qui les ont entourés et forgés à être privés d’affects (le rôle du déni).

Privée de nourriture (anorexie imposée parce que je gênais leur si belles personnes pures par le fait des viols que je subissais seule dans le désert du silence le plus aride qui soit et leur renvoyais sans le vouloir, de part ma présence rejetée, le reflet de leur image sociale écorchée (voire salie par l’enfant innocente et victime que j’étais) de prétendus bons parents irréprochables ; pour leur vieille mentalité d’un autre âge, dominants dictateurs familiaux, ils ont décrétés que j’étais coupable de ce qui m’était arrivé lors des premiers viols de l’âge de 3 à 6 ans passé (la stratégie du choc (trop courante) opérée par les adultes sur les enfants pour les dresser à une obéissance totalement aveugle).

Comment, moi la victime pouvait faire autrement que d’obéir sous les coups et les tortures quotidiennes qu’ils osaient nommer éducation (enfant inexistante en fait, un non-être) dans une culpabilité à couper le souffle vital et tellement ficelée par leur incompétence en tant que parents, tu parles.. des bourreaux tueurs d’âmes d’enfants, oui !

J’ai tenu au début, car il n’y avait aucun témoin secourable à l’époque pour me venir en aide et accorder confiance en ma parole, et le peu que j’avais tenté d’exprimer sur ce que je subissais était accusé de mensonge et d’invention de ma part pour détruire l’image de mes parents.

J’ai, pour supporter entre autre ma situation d’otage insupportable, commencé à fantasmer depuis si jeune (à vrai dire à la naissance de mon dernier frère que j’ai élevée seule séquestrée chez eux et privée de TOUT – je n’avais alors que 12 ans et demi à sa naissance) à la réussite de mon évasion de cet entre pénitentiaire orchestré par ces sadiques bourreaux sans affects prêts à me détruire par tous les moyens à disposition de leur imagination perverse, tels des bulldozers programmés à la tuerie en se vengeant sur mon psychisme et mon corps. J’ai été ainsi désigné comme bouc émissaire de toute cette fratrie malade de violence et totalement inconsciente !

Je survis avec l’idée du suicide depuis mon plus jeune âge et ne suis jamais passé à l’acte car de nature consciente et joyeuse et artiste (ratée certes mais artiste VRAIE) et l’écriture, oh combien, merci à l’écriture que j’affectionne tout autant que la lecture (psychologie A. Miller, Susan Foward, D. Winnicot, Muriel Salmona… pour citer les plus parlants pour moi).

Les conséquences tragiques de ces barbaries infâmes subies depuis des années me font régulièrement perdre tout espoir en la relation humaine, oui ça va jusque cet extrême-là (mais je sais bien que c’est la partie souffrante en moi qui s’exprime, l’enfant en détresse).

Aujourd’hui, je me sens lucidement sensibilisée par le bilan de ma vie où je m’aperçois que malgré toutes les qualités et l’amour que j’ai pu développer seule à mon égard ne suffit pas à me libérer totalement, j’ai juste appris avec succès et très difficilement, seule, à vivre avec toutes les conséquences dramatiquement douloureuses de ces multiples traumatismes à répétition. Le fait de ne pouvoir en parler librement comme je le voudrais au fond de moi participe principalement à provoquer ces états post traumatiques qui me bouffent parfois encore tout espoir d’une vie de partage avec mes semblables. Toujours ce sentiment d’être en sursis et que ma vie n’en est pas une véritable (encore la partie souffrante qui s’exprime).

J’ai conscientisé toute cette sordide affaire de mon existence de torture sans fin SEULE, depuis mon plus jeune âge car je n’ai jamais pu faire confiance en autrui à partir du moment ou j’ai quitté mon premier petit ami forcé (bourreau abject plus exactement (le policier d’infortune de 38 ans, qui a profité de ma totale soumission et mutisme, de mon extrême vulnérabilité à fleur de peau. La peur qu’il ne me frappe, chose qu’il a tenté de faire lorsque je l’ai quitté à jamais sans me retourner pour ne plus jamais subir ses viols.

J’ai commencé alors (après beaucoup d’observation sur moi et mon environnement relationnel) à prendre la pleine mesure de cet enfer sur terre enduré de la part de mes bourreaux de parents qui m’avaient – de part les violents traitements et la soumission exercée sur l’enfant que j’étais – conduite à un tel désastre intérieur qui a cellé cette relation toxique avec ce type violent et humiliant par sa froideur et ses remarques acerbes, relation faite de violence à tout niveau comme chez mes parents, j’étais séquestrée et soumise malgré un travail en CDI et quelques rares amitiés bancales elles aussi, et pour cause, avec tout le vécu horriblement douloureux en amont, je commençais à comprendre beaucoup de choses concernant ce que j’avais subis et les conséquences quant à mes attitudes de mutisme compulsif (peur du bourreau = danger de mort) pour protéger mes bourreaux de tout poils depuis ma naissance!

La vérité que j’ai découvert depuis, est que mes parents indignes avaient profité de mon innocence et que j’étais pleine de vie et de qualités surprenantes qu’ils voulaient à tout prix détruire quitte à me retirer toute élan de vie car je ne représentais qu’un objet de soumission à leurs yeux (dictateurs transgénérationnels passé sous silence à huis clos dans la famille) pour asseoir leur dominance sans être contrée par l’impuissance que je vivais à leurs côtés.

De plus, la conjoncture difficile et éprouvante depuis des années que je (nous victimes de ces horreurs) subis de part les discriminations en tout genre, à l’emploi, sexistes avilissantes cie… comme beaucoup de personnes hélas vu les mentalités refoulées qui font barrage en force à l’avènement de notre liberté en tant qu’être humain à part entière, usités dans cette société de souffrance à touts les étages contribuent à un renforcement de cette solitude déjà forcée par les conséquences dramatiques psychologiques et physiques à répétition m’ont usée même si je dispose encore de ma plein énergie et que je connais et respecte les signaux de mon corps qui m’alertent régulièrement de ce que je vis à travers mes inter relations.

« Je ne crois presque plus en rien et survis en attendant que la mort advienne naturellement » (ma souffrance qui s’exprime-là).  J’ai à ce propos, écris un cours récit condensé de ma sordide existence sur le site du docteur chercheuse sur l’enfance Alice Miller en 2009 et elle m’a félicité chaleureusement, et son assistante Brigitte Oriol m’a encouragé et félicité également en reconnaissant ma pugnacité à avoir gardé en mémoire toute ma sordide histoire de fille non désirée, abandonnée à mon propre sort, spoliée, bafouée, abusée, torturée sans répit, ma mère a tenté de me tuer par le feu à 3 reprise avant mes 17 ans et mon père en me cassant une chaise sur le dos.

Mon vécu est tellement dense que je ne comprends pas comment je suis encore en vie, euh… si par le besoin irrépressible de voir la vérité en face coute que coute, la musique, la danse, les marches dans la forêt, mon étroite relation avec la nature.. Ma création musicale m’a beaucoup aidée mais je suis tombée sur le même moule de domination masculine (à la fois par des hommes et aussi des femmes qui pensent avec les lunettes déformantes du masculinisme) dans ce milieu sordide également et étant une femme j’ai dû refuser les compromission en tout genre après m’être fait grugée mon énergie injustement, pour finir par ne créer que dans l’isolement de ma solitude. J’en ai vu de toutes les couleurs avec ce machisme abominable qui m’a fait abandonner tous mes plus beaux projets puissants et vibrants de créativité… maintes fois d’où les descentes en enfer répétitives et cuisantes ! Je me suis relevée systématiquement grâce à ma seule force et soif de compréhension!

Merci pour cette possibilité d’exprimer ici une bribe de mon vécu inimaginable et merci à tous ceux qui osent témoigner, quel courage libérateur.

Merci à vous pour cette attention magnifique de nous permettre garçons et filles, hommes et femmes à sortir de ce silence mortifère. Je vous rend grâce, à vous chères toutes, les victimes et ex victimes et toutes celles et ceux engagés pour témoigner et aider d’autres à le faire, par cette superbe ouverture qui combat l’affreux déni des réalités de la violence pédocriminelle que subissent dans l’ombre d’innombrables personnes en détresse (comme je le ressens encore de part la dureté de cette société inégalitaire mortifère).

Votre soutien hors pair me réjouis quelque peu, ce qui va je pense aider grandement à faire prendre conscience, au plus grand nombre je le souhaite de tout coeur, de la mesure des dégâts qu’occasionnent non seulement les faits sordides de nos vécus respectifs sur toute notre existence, ce terrible tabou mortifère et multi millénaire qu’est le DENI de ce génocide passé sous silence depuis des temps immémoriaux, et qui représente à mon sens, un génocide humain planétaire à combattre et qui est liés aux inégalités orchestrées insidieusement par la hiérarchie relationnelle imposée par le patriarcat dominant tueur de vie (à maintenir cette division inouïe entre les êtres). Et de fait, division non-inscrite dans la nature mais dont tous les peuples ont été sommés d’accepter sans appel sous peine de sentences et autres barbaries du genre pour nous y soumettre de force, entre femme/homme et parent.s/enfant.s!

Merci ça fait du bien d’avoir pu lâcher ce que je viens de livrer ! Mon vécu a été tellement sordide que toutes les fictions de Hollywood réunies sont de la guignolade pour distraire les foules endoctrinées par ce mensonge ancestral de domination toujours perverse qu’elle qu’elle soit!

Merci encore, j’aimerais pouvoir en dire bien d’avantage encore et me sentir en confiance face à des personnes lucides et bienveillantes afin de poursuivre cette délivrance sans tabou (après tout je l’ai fait avec moi-même progressivement et dans l’isolement de ma solitude ce qui m’a probablement sauvée la vie mais à quel prix!) en direct, de vive voix mais je crois qu’on en est peut-être loin encore car je n’ai pas trouvé de structure sécurisée adaptée à recueillir la parole des victimes (excepté sur le site d’Alice Miller)  pour cela à ma connaissance du fait du tabou qui entoure cette criminalité acceptée encore de nos jours et banalisée dont l’unique dessein est de préserver l’immunité parentale (la domination du plus fort comme toute la société est construite à partir de ce faux) qui commet des meurtres sans pitié à travers le monde à chaque seconde, mais ça viendra peut-être? Je suis en vie pour y contribuer et faire ma part.

Un grand soutien à tous ceux qui osent témoigner. Mon témoignage est peut-être un peu long mais j’ai largement écourté.

Rude aussi est le fait de devoir vivre avec ce syndrome TSPT toute une vie durant, même si dans l’ensemble je me considère parfois comme une rescapée « chanceuse » d’avoir gardé intacte une mémoire et l’attention envers les signaux de mon corps qui m’ont tout appris de mon vécu, puis à d’autres moments dans la détresse et au vu de la société violente à presque tous les niveaux, la partie souffrante en moi me voit telle « une merde insignifiante » quand la partie souffrante en moi cherche à me renseigner sur ce que je vis au présent et comment agir pour y remédier avec bienveillance envers moi (ce qui est très dure à réaliser seule mais j’y parviens le plus souvent), les expositions aux mauvais traitements comme avec les ex pervers narcissiques subis (je ne pouvais y échapper vu mon vécu), les relations hiérarchiques du système du travail, et les conduites alimentaires irrépressibles et les addictions sans excès certes mais addiction quand même que j’ai abandonnée car j’ai compris tout l’arrière plan représentant l’auto destruction latente contractées par les conséquences psychotraumatiques de ce vécu sordide ! OUf, j’y arrive enfin.

Aujourd’hui et depuis de nombreuses années, j’écris énormément (j’ai écris toute mon histoire durant 3 semaines non-stop nuit et jour en sanglotant en 2008 où j’ai vraiment pu transformer les crises de douleurs psychologiques intenses en sentiment conscient grâce au écrits d’Alice Miller qui m’ont beaucoup aidée. J’avance, ce fut très long mais j’avance et je contribue dans l’ombre au quotidien (je crois même depuis très longtemps) dès que l’occasion se présente à tendre la main à des personnes (femmes et enfants pour la plupart) en écoutant attentivement leur récit de vie, elles se sentent ainsi en confiance car je connais à fond ce sujet tabou pour avoir vécue toutes cette vie de calvaire sans fin et d’en avoir décortiqué et conscientisé le réel fond du drame qu’est l’instrumentalisation perverse de l’enfant (l’enfance) et qui fabrique des personnalités d’emprunt qui a leur tour reproduisent presque irrépressiblement les mêmes schémas de violence pédocriminelles sur la génération suivante et/ou sur des subordonnés, substituts, catalyseurs de violence, qui les maintiennent dans le déni des réalités du vrai vécu. Ces personnes le ressentent et se sentent comprises sans avoir à peser leur mots ni à travestir la réalité des faits et des conséquences sur leur santé car elles savent de suite que j’ai vécue la même traversée dans le désert aride du déni et de l’incompréhension face aux gens ignorants de leur propre histoire et conditionnements mentaux hérités de leurs traumatismes restés dan le silence.

Donc, aujourd’hui, je suis prête à aller encore plus loin dans ma démarche, qui, je le reconnais, ne peut plus rester parcellaire mais contribuer encore plus concrètement à la défense des victimes en souhaitant de tout cœur trouver un lieu de paix à rejoindre pour continuer à faire voler en éclat cet affreux tabou mortifère, aider d’autres à reconnaitre leur pouvoir de guérison, et faire agir la société. Car en effet, cela ne peut plus durer ainsi, le DENI, CA SUFFIT !

Je dispose de l’énergie nécessaire après toutes ces années de nettoyage et de visibilité éclairée, pour continuer ce combat contre LE DENI DE TOUTE FORME DE VIOLENCE qui tue la vie d’innombrables personnes innocentes et dont, je le ressens tellement profondément, nous avons aujourd’hui les moyens (naturels et à disposition en connaissance de cause) d’éviter au maximum en informant la population dans son ensemble.

Bien à vous et Merci du fond du cœur de la création de ce site qui nous permet de nous exprimer, enfin.

J’atteste sur l’honneur la véracité des faits évoqués.