Témoignages

Les témoignages recueillis par les associations membres du CILCP sont destinés à être publiés sur ce site « Le déni, ça suffit ! ».

Par cette action, les victimes témoignent pour alerter l’opinion publique, les autorités compétentes ainsi que les instances internationales sur la réalité de leur vécu.

Par l’intermédiaire de ces témoignages, le CILCP demande l’ouverture d’un débat national sur le fléau social que constitue la pédocriminalité.

Par son action, le CILCP demande que la lutte contre la pédocriminalité soit déclarée grande cause nationale en France. Cette lutte doit être une priorité des instances internationales.

L’ensemble des personnes témoignant sur les supports du CILCP approuve le fait que ces publications soient transmises aux instances compétentes de l’Union européenne et de l’ONU.

Cet espace est un espace d'expression libre dédié aux victimes. Les opinions et ressentis exprimés n'engagent que leurs auteurs.

 

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170. Lofti

L’inceste : le 1er jour du reste de ma vie.

Bonjour à vous tous vivant(es) et survivant(es),

L’inceste, le 1er jour du reste de ma vie.
De toute façon il ne s’est rien passé, l’enfant est Mort.
L’enfant est mort, l’homme a 43 ans aujourd’hui.
Depuis que l’enfant est mort, il vit en dehors de sa vie.
Un survivant parmi les vivants, un dissocié parmi les associés.

Attaqué, creusé, arraché et puis émietté par une sœur perverse narcissique âgée de 17 ans à l’époque.
Moi, j’avais 6, 7 et 8 ans.
3 ans….; 3 années de calvaires, d’humiliations, de soumissions et de manipulations.
Il a fallu s’adapter, se dissocier, se perdre dans les méandres de ta jouissance corporelle.
Moi, l’enfant, sans corpus et outils pour comprendre ce qu’il m’arrivait.
Tu m’as culpabilisé, tu m’as reproché de ne pas pouvoir te satisfaire, car mon sexe était trop petit. Je me souviens.
Tu ne pouvais pas me faire de fellation et je ne pouvais pas te pénétrer. Cela te mettait en colère, et moi je te priait d’attendre, car lorsque je saurai Grand, à ce moment-là ; je pourrai te satisfaire.
Donc, en attendant, comme tu me disais, occupe-toi de moi, Viens ici, dépêche-toi !
Tu as toute utiliser de moi, mon corps, sur lequel tu te frottais, ma bouche avec laquelle tu jouissais.
L’oubli et le secret dans lesquels tu m’as plongé, m’ont renforcé et condamné à la solitude, à l’irrationnel.
Ta maladie et ton besoin d’effracter, de percer, de déchirer, m’a englouti et associé à un piège dont il était impossible pour moi de m’extraire.

La réactualisation, la répétition, la reviviscence du traumatisme, jusque là vécu comme honteusement caché et tu, ou encore inaccessible par la mémoire, peut être aujourd’hui, pour moi, l’amorce ou l’occasion d’un travail permettant de sortir de la paralysie totale.

Mais voilà, aujourd’hui, je me donne la force de la regarder et de la montrer ; mon histoire, ton histoire… Notre Histoire.
Cette déchirure comme un arrachement de la peau humaine et de la chair, cette histoire de destruction de l’Être, cette pourriture de l’Âme, que tu as semé à l’intérieur de moi.
Aujourd’hui je la raconte, je me la raconte, comme si la vérité était beaucoup trop belle pour pouvoir la supporter.
Mais aujourd’hui, je sais.
Je suis parvenu à atteindre ce calme qui me permet de m’affirmer respectueusement avec moi-même et surtout avec tes semblables ; Les Femmes.
Le jour où je me suis aimé pour de vrai, mon cœur voulait rétablir la vérité, ma raison, mon gardien tant aimé, à l’intérieur de moi, ne s’en empêchait, et alors, j’ai pu me délivrer.
Aujourd’hui je sais, que ça s’appelle AIMER.