Témoignages

Les témoignages recueillis par les associations membres du CILCP sont destinés à être publiés sur ce site « Le déni, ça suffit ! ».

Par cette action, les victimes témoignent pour alerter l’opinion publique, les autorités compétentes ainsi que les instances internationales sur la réalité de leur vécu.

Par l’intermédiaire de ces témoignages, le CILCP demande l’ouverture d’un débat national sur le fléau social que constitue la pédocriminalité.

Par son action, le CILCP demande que la lutte contre la pédocriminalité soit déclarée grande cause nationale en France. Cette lutte doit être une priorité des instances internationales.

L’ensemble des personnes témoignant sur les supports du CILCP approuve le fait que ces publications soient transmises aux instances compétentes de l’Union européenne et de l’ONU.

Cet espace est un espace d'expression libre dédié aux victimes. Les opinions et ressentis exprimés n'engagent que leurs auteurs.

 

À ce jour
0
0
1
6
6
personnes
ont témoigné
Brisez votre silence
TÉMOIGNEZ ICI !
156. Lisa

Moi, Lisa, j’ai été violée par mon beau père de l’époque à l’âge de 10 ans.
Un soir d’été, une première fois par pénétration digitale dans la salle de bain alors qu’il devait me passer de l’après soleil. Mon frère dormait, ma mère partie.
Et, deux heures plus tard dans mon lit, la totale.
J’ai fait une amnésie post traumatique pendant 3 ans. À 13 ans, je ne me suis souvenue seulement de la première partie de soirée. J’ai tout gardé pour moi, par peur, par honte pendant 3 ans.
Puis quand j’ai enfin parlé à la psychologue que j’ai tant attendu de voir, j’ai bien évidement dû en parler à mes parents.
Port de plainte, interrogation, UMJ (où je n’ai pas été bien accueillie, gynéco acerbe, policiers hautains), confrontation, Et classement sans suite faute de preuve.
Et là, c’est comme si on me disait que j’avais inventé tout ça, que ce n’était pas réel, que je n’était pas victime. Il n’a pas été reconnu coupable, donc moi pas reconnue victime… J’ai même plus eu l’impression (et parfois encore maintenant) d’être la coupable qui a accusé cet homme, tant aimé et adulé.
Je ne sais pas à l’heure actuelle si mes parents m’ont réellement cru. Mon père sûrement, ma mère j’ai des doutes, elle me l’avait dit, c’était l’amour de sa vie.
À presque 17 ans j’ai fait un burn out, je voulais oublier. J’ai réussi à cliver, j’ai arrêté ma thérapie puisque je n’avançais plus, et ma psy m’avait dit que malgré cette sensation d’incomplétude, ce n’était pas possible que j’ai encore des choses enfouies.
Puis l’année dernière il est mort. Une claque, en fait le clivage n’est pas éternel.
J’ai toujours cette honte, cette peur, Et ce dégoût en moi.
J’ai de nouveau entamé une thérapie avec une psychiatre, en ce moment même ma mémoire traumatique se débloque. Et la 2 ème partie de la soirée revient petit à petit. J’avais raison, il me manquait des morceaux… Mais c’est dur, à n’importe quel moment du jour ou de la nuit, des images, des sons, des sensations…
J’ai 20 ans maintenant, des blocages psychiques, physiques, intimes, il me reste encore un long parcours pour tout débloquer et vivre sans peur et sans angoisses. J’y crois, j’ai foi en la vie. Je m’investis de plus en plus dans la protection de l’enfance. À la rentrée je reprends des études en Fac de psychologie, comme une revanche sur la vie.
Je veux croire, croire en la vie, Et croire qu’on peut tous et toutes s’en sortir et y arriver… En étant accompagnés par des professionnels aguerris et qui ont toutes les connaissances nécessaires pour nous aider.
Même si c’est parfois vraiment trop long…

J’atteste sur l’honneur la véracité des faits évoqués.