Témoignages

Les témoignages recueillis par les associations membres du CILCP sont destinés à être publiés sur ce site « Le déni, ça suffit ! ».

Par cette action, les victimes témoignent pour alerter l’opinion publique, les autorités compétentes ainsi que les instances internationales sur la réalité de leur vécu.

Par l’intermédiaire de ces témoignages, le CILCP demande l’ouverture d’un débat national sur le fléau social que constitue la pédocriminalité.

Par son action, le CILCP demande que la lutte contre la pédocriminalité soit déclarée grande cause nationale en France. Cette lutte doit être une priorité des instances internationales.

L’ensemble des personnes témoignant sur les supports du CILCP approuve le fait que ces publications soient transmises aux instances compétentes de l’Union européenne et de l’ONU.

Cet espace est un espace d'expression libre dédié aux victimes. Les opinions et ressentis exprimés n'engagent que leurs auteurs.

 

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119. Léa

Je m’appelle Léa, j’ai maintenant 23 ans.
J’avais 17 ans et demi, j’étais mal dans ma peau, je me trouvais en plein dans les lourdes suites d’une opération de la poitrine (réduction mammaire) et des relations mouvementées au lycée (harcèlement moral par des professeurs et élèves), mais je voulais profiter de ma jeunesse comme les autres, alors un soir une amie et moi nous sommes retrouvées chez de vagues connaissances à elle. Nous avons siroté un étrange mélange en toute naïveté puis sommes sorties en boite, chacune son prétendant non loin. Et au retour, chacune son lit déjà occupé par l’un d’entre eux, impossible d’y échapper, de s’endormir l’une avec l’autre. Et quand l’esprit sort du corps, quand on a été drogué, c’est dur de résister aux mains qui parcourent notre corps sans retenue. Et c’est avec un fort sentiment de honte qu’on se réveille le lendemain. Et qu’on nie tout très vite, qu’on devient amie avec l’agresseur, qu’on passe à autre chose. Et un beau jour, une année après, quand la complicité s’est plus qu’installée, quand il est devenu notre amant (mais qu’on est parfaitement incapable de faire l’amour à cause de ce qu’il nous a fait), qu’on passe des nuits câlines, on ne s’attend pas à ce qu’un jour ça dérape de nouveau. Et pourtant, un an quasiment jour pour jour après la première agression, chez moi, au réveil, il fut d’une violence inouïe et, la tête maintenue dans un oreiller, j’ai faillit mourir entre ses mains. Je me suis fait violenter, violer, puis humilier, insulter (pute, c’est le comble). On m’a tout pris, j’ai tout nié, pendant presque 3 ans, jusqu’à ce que ma petite sœur, de 3 ans ma cadette, m’avoue avoir été victime elle aussi d’un homme qu’elle pensait ami, amour. Il aura fallu qu’elle me mette en face de sa vérité pour que je fasse enfin face à la mienne. Qu’on en parle avec nos parents. Qu’on entame notre reconstruction, main dans la main, acceptant toutes les mains tendues vers nous (famille proche, professionnels). Et je ne l’en remercierai jamais assez : elle m’a sauvée. MERCI !
Ni les cauchemars, ni le syndrome de stress post traumatique apparus après mes aveux, ni les phases d’autodestructions que j’ai traversées pendant mon déni et pu expliquer ensuite, ni les mauvaises réactions rencontrées, ne pourront atténuer la joie d’avoir parlé, retrouvé mon bonheur, ma vie.
Mon seul et unique conseil : parlez, parlez, PARLEZ. Pour vous, pour les autres.

J’atteste sur l’honneur la véracité des faits évoqués.