Témoignages

Les témoignages recueillis par les associations membres du CILCP sont destinés à être publiés sur ce site « Le déni, ça suffit ! ».

Par cette action, les victimes témoignent pour alerter l’opinion publique, les autorités compétentes ainsi que les instances internationales sur la réalité de leur vécu.

Par l’intermédiaire de ces témoignages, le CILCP demande l’ouverture d’un débat national sur le fléau social que constitue la pédocriminalité.

Par son action, le CILCP demande que la lutte contre la pédocriminalité soit déclarée grande cause nationale en France. Cette lutte doit être une priorité des instances internationales.

L’ensemble des personnes témoignant sur les supports du CILCP approuve le fait que ces publications soient transmises aux instances compétentes de l’Union européenne et de l’ONU.

Cet espace est un espace d'expression libre dédié aux victimes. Les opinions et ressentis exprimés n'engagent que leurs auteurs.

 

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101. Julie

Moi, Julie, j’ai été victime de violences sexuelles étant mineure.

J’ai 5, 6 ,7, 8, jusqu’à je crois 12, 14 ans …
Toujours la même scène.
Un repas de famille, le dimanche.
Mes frères et moi sortons de table avant les grands et allons dans la chambre pour regarder la télévision [chez mon oncle et ma tante].
Puis mon oncle entre pour faire sa sieste.
Mes frères quittent la chambre sombre, éclairée par les seuls néons de la télé.
Et moi qui reste…
Mon oncle, s’installe, s’allonge sur le lit. Il m’approche fortement de lui, contre son gros ventre, sous ses gros bras.
Il prend ma tête, appuie ses grosses lèvres humides sur les miennes, laisse glisser un bout de langue de serpent dans la mienne. Par moment, sa main de vieux se glisse sous mon pull jusqu’à mon sein.
Je bloque tout, je déconnecte…

Oh ne croyez pas que personne ne savait. Après la sieste, il me donnait régulièrement une pièce ou un billet devant toute la famille. La petite pièce du goûter rendait mes frères jaloux, moi je me sentais perdue, gênée, achetée, humiliée, abandonnée, prostituée, mais je prenais.
Oh ne croyez pas que personne ne savait. Il m’embrassait déjà devant tout le monde avec sa grosse bouche et ses gros bras pour dire bonjour. Je sentais la peur, je sentais le dégoût.

37 ans aujourd’hui. Je cherche la chair et la vie en moi.
Je me sens objet qu’on achète, qu’on échange, qu’on imagine, qu’on utilise.
Je me fantasme autrement, je m’abîme parfois.
C’est un combat de tous les jours de sortir de cette léthargie qui protège, de faire confiance, de me laisser aimer, de m’aimer. Et je rugis et je suis glacée ; et j’avance et je cale ; et je hurle et je suis muette.
Je n’ai pas encore réussi à me construire, pas d’amoureux, pas d’enfant, pas d’amour, pas de confiance ; je cherche la place encore occupée par la honte, par la peur.

Ce message est mon premier cri officiel.

J’atteste sur l’honneur la véracité des faits évoqués.