Témoignages

Les témoignages recueillis par les associations membres du CILCP sont destinés à être publiés sur ce site « Le déni, ça suffit ! ».

Par cette action, les victimes témoignent pour alerter l’opinion publique, les autorités compétentes ainsi que les instances internationales sur la réalité de leur vécu.

Par l’intermédiaire de ces témoignages, le CILCP demande l’ouverture d’un débat national sur le fléau social que constitue la pédocriminalité.

Par son action, le CILCP demande que la lutte contre la pédocriminalité soit déclarée grande cause nationale en France. Cette lutte doit être une priorité des instances internationales.

L’ensemble des personnes témoignant sur les supports du CILCP approuve le fait que ces publications soient transmises aux instances compétentes de l’Union européenne et de l’ONU.

Cet espace est un espace d'expression libre dédié aux victimes. Les opinions et ressentis exprimés n'engagent que leurs auteurs.

 

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130. Joëlle

Moi, Joëlle, 57 ans, j’ai été victime de violences sexuelles à 7 ans par un voisin et son père.

Tout d’abord, je me permet de conseiller fortement aux adultes ayant subi une atteinte à leur intimité/intégrité physique et morale d’aller consulter un psychiatre ou psychanalyste SPECIALISEE pour ENFANTS, peu importe votre âge. Mon témoignage a comme but de contribuer à changer la loi sur la prescription concernant la période butoir pour dénoncer porter plainte contre ces criminels. Que l’on puisse avoir accès à n’importe quel moment de notre vie au procès en cas de dépôt de plainte. En effet, il peut nous permettre de retrouver la mémoire de ce que nous avons occulté et de nous permettre de lever ainsi « le voile » sur des souvenirs que l’on met des années (ou pas) à retrouver. Économie de temps, économie d’argent (psy), et retour à une vie plus sereine.

Pour ma part, je m’en suis bien « sortie » professionnellement, je fais un métier qui me permet d’être bienveillante avec les enfants dans le domaine de l’éducation. Je ne suis pas tombée dans des « dérives » sans doute grâce à ce dépôt de plainte de la part de mes parents. Même si c’est douloureux de faire cette démarche… Faites-là ! Vous renaîtrez !

Circonstances et conséquences :
Il s’est agi d’attouchements sexuels par deux hommes (un père de famille et son propre père !) dans l’appartement de voisins ; un qui regardait l’autre qui agissait. J’avais sept ans. Cela s’est produit deux ou trois fois, je ne sais plus vraiment. Ma mère a découvert du sang dans ma culotte…(désolée pour ce détail, mais c’est pour cette raison qu’elle m’a fait parler). Elle et mon père ont décidé de porter plainte. Après un an de prison (je ne sais pas si ce pédéraste a eu une amende), j’ai appris que ce couple (voisin) ont divorcé. J’étais la copine de leur fils du même âge. Bien évidemment, je n’ai plus revu cette famille, et mon copain.
Ma culpabilité est née du jour ou je me suis retrouvée au commissariat pour raconter les faits en présence de ma mère. A partir de ce moment, j’ai découvert un autre regard porté sur moi par ma mère. (Distance). Puis tout cela est tombé dans l’omerta familiale, me plongeant dans une grande solitude. J’ai dû vivre avec une énorme culpabilité (inconsciente), et certaines répercussions dans mes tentatives de vivre en couple… Une amnésie concernant les circonstances… Pas de suivi psy à l’époque. Il y a quatre ans, j’ai écrit mon histoire de vie… liée à ces attouchements, et comment j’y ai « survécu » en mettant en place des stratégies inconscientes de « fuite ». Je l’ai adressée à plusieurs éditeurs… pour la publier, mais rien en retour.
J’ai souhaité il y a un deux ans, connaître le compte-rendu du procès. J’ai écrit au tribunal de Versailles qui ne m’a jamais répondu. J’ai eu quelques entretiens avec une psychologue pour enfants vraiment géniale, et cela m’a fait le plus grand bien (restauration de l’image de soi en tant qu’enfant). J’avais déjà essayé d’en parler à d’autres psychologues/psychiatres il y a un certain nombre d’années) qui n’ont pas fait « écho » à ce problème… préférant me faire parler sur la piste de mon père et de ma mère… et laissant de côté ce pour quoi j’étais venu consulter : les attouchements et mon mal être dans la vie.
Heureusement, je me suis investie dans les études et dans mon travail, voulant me prouver que je pouvais réussir ailleurs que là où j’ai échoué (le couple, la sexualité). J’ai donc compensé ma détresse par l’art et la culture.
Je considère avoir une vie très riche intellectuellement et amicalement. Cependant, afin de ne pas être jugée, je n’évoque que rarement à mes amis(es) ces faits. Je pense que tout n’est pas à dire, mais cela n’engage que moi : on met hélas trop vite des étiquettes sur les gens ce qui engendre un regard malgré eux différents. J’en ai fait l’expérience.

Je vous souhaite bon courage ! Agissez ! Dénoncez, portez plainte !

J’atteste sur l’honneur la véracité des faits évoqués.