Témoignages

Les témoignages recueillis par les associations membres du CILCP sont destinés à être publiés sur ce site « Le déni, ça suffit ! ».

Par cette action, les victimes témoignent pour alerter l’opinion publique, les autorités compétentes ainsi que les instances internationales sur la réalité de leur vécu.

Par l’intermédiaire de ces témoignages, le CILCP demande l’ouverture d’un débat national sur le fléau social que constitue la pédocriminalité.

Par son action, le CILCP demande que la lutte contre la pédocriminalité soit déclarée grande cause nationale en France. Cette lutte doit être une priorité des instances internationales.

L’ensemble des personnes témoignant sur les supports du CILCP approuve le fait que ces publications soient transmises aux instances compétentes de l’Union européenne et de l’ONU.

Cet espace est un espace d'expression libre dédié aux victimes. Les opinions et ressentis exprimés n'engagent que leurs auteurs.

 

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34. Jeanne

Je m’appelle Jeanne, j’ai 33 ans. J’ai été agressée sexuellement et ai été victime de sévices psychologiques graves de la part de mon beau-père jusqu’à l’âge de 12 ans. Je ne me souviens plus quand les abus ont commencé.
A l’âge de 17 ans j’ai porté plainte. Je n’ai pas pu assister au procès car j’étais très éloignée géographiquement. Je n’étais pas une « assez bonne victime » et mon agresseur a été relaxé en première instance. Je ne pleurais pas sur la vidéo de ma déposition, on ne m’a pas crue. Il a finalement été condamné en appel à 18 mois de prison avec sursis.
Au moins trois autres filles ont été ses victimes, aucune n’a voulu témoigner.
Mon aveu a été dévastateur sur ma famille. Ils se doutaient qu’il se passait quelque chose, ils n’ont rien fait, ont laissé la petite fille volubile et joyeuse se murer peu à peu dans le silence. Ma mère n’a pas supporté le poids de sa culpabilité. Plusieurs années plus tard, c’est mon frère qui portait plainte contre le second compagnon de ma mère, qui a failli être mise en cause.

J’ai aujourd’hui des troubles du comportement alimentaires et une lourde dépression m’a plombée durant des années. Je n’ai pas pu mener une carrière professionnelle satisfaisante, ai traversé des périodes de précarité, j’ai tenté de me suicider plusieurs fois et j’ai toujours choisi des compagnons de vie violents, jusqu’au dernier qui a failli me tuer en m’étranglant.

Mon mari m’a apporté écoute, aide et soutien. Je suis maman d’un merveilleux petit garçon, je me sens enfin mieux. 20 ans après, j’ai sorti la tête hors de l’eau mais je souffre toujours de stress post-traumatique et la dépression me hante encore. En voyant mon fils je ne peux pas comprendre qu’on puisse faire du mal à un enfant.

Mon agresseur, lui, a conservé son emploi. Il n’a jamais mis un pied en prison. En 20 ans il est inenvisageable pour moi de penser qu’il n’a pas récidivé après s’en être si bien sorti la première fois. Les ami-e-s qu’il avait en commun avec ma mère ont presque tous pris son parti. Un homme au dessus de tout soupçon, qui travaille probablement avec des enfants malgré l’interdiction officielle qui lui a été faite. Terrifiant.

Aujourd’hui je travaille avec et pour des victimes de viol et de violences sexuelles. J’ai eu la chance d’avoir un époux formidable et les ressources nécessaires pour trouver le chemin de la résilience. Je suis privilégiée d’avoir réussi à vivre avec, beaucoup de victimes n’ont pas cette chance.

J’atteste sur l’honneur de la véracité des faits relatés.