Témoignages

Les témoignages recueillis par les associations membres du CILCP sont destinés à être publiés sur ce site « Le déni, ça suffit ! ».

Par cette action, les victimes témoignent pour alerter l’opinion publique, les autorités compétentes ainsi que les instances internationales sur la réalité de leur vécu.

Par l’intermédiaire de ces témoignages, le CILCP demande l’ouverture d’un débat national sur le fléau social que constitue la pédocriminalité.

Par son action, le CILCP demande que la lutte contre la pédocriminalité soit déclarée grande cause nationale en France. Cette lutte doit être une priorité des instances internationales.

L’ensemble des personnes témoignant sur les supports du CILCP approuve le fait que ces publications soient transmises aux instances compétentes de l’Union européenne et de l’ONU.

Cet espace est un espace d'expression libre dédié aux victimes. Les opinions et ressentis exprimés n'engagent que leurs auteurs.

 

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167. Jean-Michel

Moi, Jean-Michel, 55 ans, j’ai été victime de violences sexuelles à 9 ans par notre mère.

Notre mère était née en 1930 d’un inceste du 2° type (cf. Françoise Héritier) et a joué dès 14 ans le rôle de mère en élevant son frère de 18 mois et sa soeur de 7 ans, ce qui ressemblait à une famille à 4.

Nous sommes début janvier 2002. Notre mère est morte d’une cirrhose alcoolique en 1990 et il y a 8 mois, nous avons perdu notre père d’un cancer non traité. En octobre 2011, Didier mon aîné de 2 ans gagne bien sa vie et est très actif. Il achète une maisonnette au centre de Rodez. Puis il vire dépressif comme il le fait souvent l’hiver quand il est désœuvré. Chose exceptionnelle, il me rappelle suite à mon message de voeux 2002 et me parle de suicide. Je m’assoie par terre et lui propose de l’inviter au restaurant dès notre retour du Jura vers Paris. Didier ne m’en laisse pas le temps.
Le Samedi 12, un de ses salariés le retrouve pendu, le crâne défoncé par la carabine de notre grand père, dans la superbe péniche à passagers qu’il a créé voici 10 ans, lors de 18 mois d’hypomanie (plans, financement, réalisation et exploitation durant 10 ans (classes découverte & soirées).

La police de Boulogne Billancourt me convoque, me décrit l’acte irréparable et me présente l’arme à feu. Je reconnais la carabine et les vieilles cartouches en carton de notre grand-père maternel.
Au domicile de mon frère, je trouve une feuille de sécurité sociale datée de la veille du suicide.
Après quelques semaines, je prends RV avec cette psychiatre qui lui a fait une “auto-hypnose”.
Elle me dit “Maintenant qu’il est mort, je peux bien vous le dire, votre mère a commis 2 actes incestueux sur votre frère : Votre mère lui est apparu nue en disant “c’est de ce ventre dont tu es sorti”. J’ai aussi assisté à l’irruption et à l’exhibition de notre mère, la nuit dans notre chambre car, de famille modeste, je la partageais avec lui. Elle était toute nue et elle désignait son ventre en disant “C’est de ce ventre dont vous êtes sortis”. Nous ne l’avions jamais vu nue, même partiellement. Les images, le dramatique de la scène et les mots se sont gravés dans ma mémoire. Plus tard quand notre père nous a appris que notre mère buvait, j’ai pratiqué le clivage en mettant cet acte sur le compte de la mauvaise mère et de l’alcool et j’ai survécu mais cela à peut-être entraîné de l’hypersexualité. Hormis l’alcool, elle était bientraitante et même heureuse en cuisine et dans son jardin.
Mon frère avait 11 ans (2 ans de plus que moi) était un peu plus proche de la puberté et l’a vraisemblablement plus mal vécu d’autant qu’il a aussi relaté à la psychiatre que notre mère l’avait remis dans le lit conjugal, avec notre père, certainement lors de ses mélodrames alcoolisés.
J’ai encore beaucoup de mal à fleurir la tombe de mon frère pourtant je l’aimais mais alors que l’on s’attend à partager 80 ans de souvenirs avec son frère, il est parti à 39 ans. Quand j’y parviens, c’est plus la tombe de nos parents que je fleuris, avec de l’amertume car ils sont tous morts prématurément.
Quand j’ai hérité des 50% de parts sociales de mon frère, j’ai racheté la totalité comme pour prolonger sa vie et son activité. C’était une connerie, cela nécessitait de vivre sur le bateau ce qui était incompatible avec notre vie familiale (3 jeunes enfants) et avec mon métier de chercheur.
J’ai mis le bateau en vente sur Internet et suite à cet acte de déloyauté, j’ai fait une dépression sévère où j’étais complètement ralenti. Je suis allé à Ste Anne à vélo et ils m’ont gardé. Ma femme a assuré.
Plus tard, j’ai retrouvé le cuisinier qui a travaillé plusieurs années sur la péniche. Il a été diagnostiqué bipolaire. Je lui ai demandé. Est-ce que tu crois que Didier était bipolaire ? Il m’a dit “Oui, bien sûr ! On ne construit pas un bateau à passagers en 18 mois de A à Z, quasiment seul, sans être bipolaire”.

Comme de nombreuses personnes souffrant de troubles bipolaires, Didier n’avait pas été diagnostiqué. Cela doit être une raison pour laquelle je suis très impliqué dans l’association Argos 2001. Maintenant, j’ai une 3° famille chaleureuse : 3 millions de bipotes en France et plus ailleurs.

J’atteste sur l’honneur la véracité des faits évoqués.