Témoignages

Les témoignages recueillis par les associations membres du CILCP sont destinés à être publiés sur ce site « Le déni, ça suffit ! ».

Par cette action, les victimes témoignent pour alerter l’opinion publique, les autorités compétentes ainsi que les instances internationales sur la réalité de leur vécu.

Par l’intermédiaire de ces témoignages, le CILCP demande l’ouverture d’un débat national sur le fléau social que constitue la pédocriminalité.

Par son action, le CILCP demande que la lutte contre la pédocriminalité soit déclarée grande cause nationale en France. Cette lutte doit être une priorité des instances internationales.

L’ensemble des personnes témoignant sur les supports du CILCP approuve le fait que ces publications soient transmises aux instances compétentes de l’Union européenne et de l’ONU.

Cet espace est un espace d'expression libre dédié aux victimes. Les opinions et ressentis exprimés n'engagent que leurs auteurs.

 

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134. Hugues

Moi, Hugues, 45 ans, j’ai été victime de violences sexuelles étant mineur.

Voici un résumé de mon histoire qui a débutée lorsque ma mère m’avait confié a ma grand-mère, j’étais tout bébé nous vivions dans un village de 300 habitant dans la Nièvre .

Ma grand mère y tenait un restaurant mon grand père est décédé à l’âge de mes 6 ans .
Je suis allé à l’école du village et tout le monde connaissait mon histoire ce qui faisait parler tout le village .
Mon maître d’école s’appelait mr B., il a commencé par des sévices moraux et intimidations me faisant croire que j’étais un enfant stupide, gifle, des heures à recopier les départements seul dans la classe, intimidation. A me pisser dessus en attendant des heures dans le froid quand les autres étaient en classe…
Au début cela a commencé doucement tous les enfants en riaient, je ne disais rien à ma grand-mère je ne voulais pas l’inquiéter et la peur venait en moi, il était très impressionnant.
Puis les jours passant les choses se sont amplifiées.
Pour donner une anecdote parmi d’autres :
Nous faisions de la gym en bas de l’école, il me mit aux anneaux et comme j’avais peur je n’arrivais a rien faire.
Lui vint cette belle idée de m’accrocher avec un bandage aux anneaux et de me faire tenir jusqu’a la limite du supportable.
Là encore je ne disais rien.
Un ami lui commençait a voir ce qui se passait .
Il me faisait espérer jouer au foot et au dernier moment me faisait faire des tours de stade en regardant les autres jouer.
Un séjour au ski où je n’avais que peu de possibilités de skier. Mais étant donné que d’autres moniteurs étaient présents il s’adoucit mais au retour sa colère se déchaîna.
Nous avions deux cahiers de classe : un bleu pour le français et un rouge pour les maths. Quand j’étais interrogé et que j’avais écrit une erreur il me faisait venir sur ses genoux devant la classe, m’allongeait et me donnait la fessée. J’en ai eu des centaines.
Je pourrais en raconter des centaines tellement il y en a eu.
Les choses ont failli déraper quand nous allions au printemps au lac de P. avec la classe. J’avais un peu grandi et un jour où nous étions seul il a tenté des attouchements et là je me suis senti si mal je l’ai regardé en pleurant et il n’est pas allé plus loin que des caresses .

La cerise du gâteau arrive.

Devant passer au collège, il décide de me faire passer pour un enfant attardé pour aller en psychiatrie ou école spécialisée. Une famille proche de la mienne est intervenue avec ma mère et ma grand-mère pour me faire quitter mon village et aller vivre a Paris où ma scolarité a été remplie de haine et de colère…

Ma famille n’a su que les grosses lignes des années après .

Ma famille a contacté l’éducation nationale pour les avertir, rien .
Ma tante qui a été maire de mon village plus tard a tenté de faire quelque chose car il y a eu d’autres abus … rien.

Un jour que j’avais 15 ans, je l’ai recroisé, il m’a souri et m’a dit alors Hugues comment vas tu avec ce regard et ce sourire que je connais et qui m’a tant déchiré.

Alors oui, je sais bien que comparé a d’autres qui ont vécu des atrocités sur leurs corps et des choses bien pire que moi il me faut relativiser .
Mais il m’a détruit d’une certaine manière personne n’a cru, personne n’a bougé, il a continué sa vie, la mienne a été sur la frontière. Heureusement, j’ai fait de belles rencontres mais j’ai toujours en moi ce quelque chose de différent…

J’ai eu beaucoup de mal avec les hommes, leur faire confiance, avec l’autorité. Heureusement j’ai vu d’excellents thérapeutes qui m’ont permis d’avancer.
Je suis à ce jour moi-même thérapeute et cela n’est pas un hasard je pense .

Voila encore un qui a fini sa vie sans se faire inquiéter…