Témoignages

Les témoignages recueillis par les associations membres du CILCP sont destinés à être publiés sur ce site « Le déni, ça suffit ! ».

Par cette action, les victimes témoignent pour alerter l’opinion publique, les autorités compétentes ainsi que les instances internationales sur la réalité de leur vécu.

Par l’intermédiaire de ces témoignages, le CILCP demande l’ouverture d’un débat national sur le fléau social que constitue la pédocriminalité.

Par son action, le CILCP demande que la lutte contre la pédocriminalité soit déclarée grande cause nationale en France. Cette lutte doit être une priorité des instances internationales.

L’ensemble des personnes témoignant sur les supports du CILCP approuve le fait que ces publications soient transmises aux instances compétentes de l’Union européenne et de l’ONU.

Cet espace est un espace d'expression libre dédié aux victimes. Les opinions et ressentis exprimés n'engagent que leurs auteurs.

 

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107. Hélène

Pas beaucoup de témoignages en ce jour… Je décide d’apporter le mien.

L’année de mes 11 ans, j’ai été violée plusieurs fois par mon directeur de colonie de vacances à Pornic en juillet 1980. Je m’en suis souvenu en 2009 alors que j’étais en vacances dans la région de Pornic. « Tiens, je m’étais dit que je ne reviendrai plus ici. ah oui, je me rappelle que le directeur de la colo avait voulu que je lui montre mes seins. » Et puis tout est revenu petit à petit comme un puzzle trouble qui se reconstituait : oui, il m’a d’abord fait lui toucher le sexe puis il m’a fait boire de la bière et je devais me mettre le goulot de la bouteille dans le vagin. Il a pris des photos en me disant que quand je serai plus grande, je voudrai que ce soit l’autre côté de la bouteille. Il m’a fait un cunnilingus et m’a dit que j’aimerai ça plus grande aussi. Puis une autre fois, il a fait venir un gamin de la colo qui dépendait de l’ASE. On a dû « faire » devant lui. Il prenait des photos encore. Puis ce fut le tour d’une autre petite fille blonde aux yeux bleus. Comme elle se débattait, il m’a demandé de lui tenir les mains pendant qu’il la violait. Ensuite je ne me rappelle plus. C’était dans une camionnette aménagée en camping car. Je me rappelle qu’il m’a fait subir une fellation suite à laquelle j’ai vomi dans le camion. Il m’a aussi mis un stylo dans les fesses et scotché la bouche car je criais. Ensuite je me rappelle être allée à la gendarmerie accompagnée d’une monitrice à qui j’ai dû me confier. Le gendarme m’a dit que si c’était vrai, il allait avertir mes parents, donc, j’ai dit que rien ne s’était passé.
Il est sur Facebook. J’ai pu le contacter. J’avais gardé dans une petite boite chez mes parents, ses coordonnées. Il a tout nié en bloc. J’ai pu le dire à sa fille mais je crois qu’elle ne m’a pas crue. De toute façon, c’est prescrit.
Je m’en suis rappelée car mes enfants ont été violé par leur père. Dénoncé en 2007, ils sont partis en famille d’accueil pendant 6 ans. Une éducatrice m’avait dit : « qu’est-ce qui dans la souffrance de vos enfants vous fait autant souffrir ? ». Ces évènements m’ont permis de sortir de mon amnésie. Le père de mes enfants a été violé lui aussi à 13 ans par la femme de son père, sa belle-mère. Il est peut-être le géniteur de son demi-frère. Mis en examen suite à ma plainte pour viol sur nos enfants de 2 et 4 ans, il a avoué en garde à vue des actes de pédophilie prescrits à minima : des attouchements sur son frère et un cunnilingus sur une petite fille de 6 ans. Mais il a toujours nié pour nos enfants, alors que mon fils a été entendu et a dit qu’il subissait sodomie par des objets et fellation, avec ses mots à lui de 4 ans d’âge. Ils ont écrit que je les avais « manipulés, instrumentalisés et privé de discernement ». Après 50 000 € d’avocats et 6 ans d’ASE (Aide sociale à l’enfance) plus tard, il a récupéré la garde des enfants. Je les vois un week-end sur deux et la moitié des vacances.
J’ai dû apprendre à fermer ma bouche pour les revoir et sortir des visites surveillées organisées par l’ASE. La JAF a dit : « Madame semble avoir retrouvé la raison ». C’est grâce à mon silence que je peux les revoir aujourd’hui. Aujourd’hui, ils ne se souviennent de rien. Ça me rappelle quelqu’un ! Je suis diagnostiquée « bipolaire », avec des sautes humeurs et je prends un régulateur d’humeur tous les jours. J’ai connu l’alcool, les tentatives de suicide, bref des années très noires. Aujourd’hui, je vais mieux car des espaces comme ici existent. Et de plus en plus de gens sont au courant.
Le viol enfant, c’est une bombe à retardement. Merci de nous lire ici et continuons à dénoncer l’indénoncable pour les futures victimes nées ou à naître.