Témoignages

Les témoignages recueillis par les associations membres du CILCP sont destinés à être publiés sur ce site « Le déni, ça suffit ! ».

Par cette action, les victimes témoignent pour alerter l’opinion publique, les autorités compétentes ainsi que les instances internationales sur la réalité de leur vécu.

Par l’intermédiaire de ces témoignages, le CILCP demande l’ouverture d’un débat national sur le fléau social que constitue la pédocriminalité.

Par son action, le CILCP demande que la lutte contre la pédocriminalité soit déclarée grande cause nationale en France. Cette lutte doit être une priorité des instances internationales.

L’ensemble des personnes témoignant sur les supports du CILCP approuve le fait que ces publications soient transmises aux instances compétentes de l’Union européenne et de l’ONU.

Cet espace est un espace d'expression libre dédié aux victimes. Les opinions et ressentis exprimés n'engagent que leurs auteurs.

 

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19. Eloïse

Moi, Eloïse M., j’ai subi des attouchement et été régulièrement agressée sexuellement de 1995 à 1997 par un ami très proche de la famille. Ce calvaire a pris fin en 1997. Je l’ai dénoncé. J’avais 8 ans. Ma mère m’a cru tout de suite. Mon père je ne sais pas.

Ma mère a été porter plainte au commissariat de police. Quand je me suis retrouvée devant l’officier de police, c’était très impressionnant, j’avais peur, j’étais incapable de raconter ce que l’agresseur m’avait fait, la plus part du temps j’avais des bouffées de larmes. Il y a eu confrontation, l’agresseur a nié. Moi, j’ai tenu le coup, je n’ai pas eu peur de lui, le policier a dit que j’ai été très courageuse. Après quelques jours, (ou semaines je ne me souviens plus très bien) l’agresseur a fini par avouer. Il a été jugé au tribunal correctionnel. Je n’ai pas assisté au procès. Il a été condamné à 5 ans de prisons dont 3 avec sursis, obligation de soins, et l interdiction de me revoir.

Le procès terminé, j’ai suivi une thérapie pendant 1 ans. Mes parents ont été très choqués lors du procès, ma mère a rencontré une foi un psychologue. Mon père jamais. Peut être que si ils avaient acceptés un suivi psychologique les choses auraient été différentes.

L’ambiance à la maison était très pesante, ma mère criait beaucoup, elle était dépressive, Je sentais que mes parents avaient honte, je sentais qu’ils étaient en colère contre moi. Je pense qu’ils le sont toujours, d’ailleurs nos échanges sont très souvent conflictuelles.

Au collège et au lycée, selon certains professeurs, j’étais une élève irrégulière, effacée, fragile, coincée. Moi, je me sentais sale, j’avais honte, j’étais en colère et triste, j’avais des flash back incessants tout ce que je voulais c’était oublier toutes cette merde et continuer d’avancer malgré tout. J’ai changé plusieurs fois d’orientation scolaire. Au lycée, j’ai étudié le secrétariat, la comptabilité, et j’ai étudié un BTS en gestion puis à l’université les lettres en langue étrangère. Actuellement, j’ai un niveau bac+2 en langue étrangères, je n’ai pas pu terminer mes études, (peut être que ces études n’était pas faite pour moi.) Car en effet les souvenirs de l’agression qui continuait de tourner en boucle dans ma tête, la fatigue, la pression, les partiels puis la dépression… Tout cela était devenu trop insupportable.

Aujourd’hui, j’ai 27 ans, je vais une fois par semaine au Psychodrame au CMP. Cela m’aide à me reconstruire mais c’est très éprouvant. Et je pratique les arts plastiques et la photo, créer cela m’apaise. Ce que je souhaite c’est être en paix avec moi même. Je ne me considère pas comme une victime mais bien comme une survivante en colère! Car grâce à la thérapie j’ai compris que ce que j’avais subi, c’était un viol! L’agresseur a  été condamné 3 ans, pour m’avoir violé, il a tué mon enfance, il a détruit la confiance que j’avais en l’être humain et en la vie! Ca me révolte!

Le prénom a été changé.

J’atteste sur l’honneur la véracité des faits évoqués.