Témoignages

Les témoignages recueillis par les associations membres du CILCP sont destinés à être publiés sur ce site « Le déni, ça suffit ! ».

Par cette action, les victimes témoignent pour alerter l’opinion publique, les autorités compétentes ainsi que les instances internationales sur la réalité de leur vécu.

Par l’intermédiaire de ces témoignages, le CILCP demande l’ouverture d’un débat national sur le fléau social que constitue la pédocriminalité.

Par son action, le CILCP demande que la lutte contre la pédocriminalité soit déclarée grande cause nationale en France. Cette lutte doit être une priorité des instances internationales.

L’ensemble des personnes témoignant sur les supports du CILCP approuve le fait que ces publications soient transmises aux instances compétentes de l’Union européenne et de l’ONU.

Cet espace est un espace d'expression libre dédié aux victimes. Les opinions et ressentis exprimés n'engagent que leurs auteurs.

 

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93. Elodie

Je m’appelle Elodie, j’ai 28 ans et la dernière fois que mon grand père m’a touché j’avais 12 ans. Je ne souhaite pas partager les détails de ces attouchements, leur fréquence ou nature tout simplement parce que je viens de passer 16 ans à essayer de les oublier et j’ai d’ailleurs réussi pour la plupart mais je me souviens de deux ou trois moments et je sais ce qu’il était, un pedophile passif je crois qu’on dit. Mes séquelles et traumatismes n’en sont pas amoindri pour autant. Certes je me concidere comme chanceuse d’avoir su dire que je ne voulais plus aller chez lui, avant qu’il ne trouve un moyen d’aller plus loin, chose dont je le savais capable. Mais mes cauchemars étaient bien présents et mes peurs bien réelles. J’ai peur des hommes, peur de sortir de chez moi, peur de me retrouver dans un ascenseur, une pièce close etc… en compagnie d’homme, peur d’aller au travail (je suis femme de chambre, me retrouver seule à nettoyer une chambre en la présence du client est une angoisse que je surmonte tout les jours)je n’aime pas parler de manière général, je n’ai pas beaucoup d’ami voire pas du tout, je ne me vois aucun avenir professionnel, je sais juste que je dois mener ma barque en limitant les dégâts et en gardant le sourire Mais le soir, je prend toujours 5 min pour pleurer (sous la douche en général) j’ai voulu mourir pendant mon adolescence, j’ai essayé d’aller voir des psychologues mais j’ai toujours annulé les rdv le jour J. Évidemment quand ça nous arrive une fois, ça nous arrive dix fois. Les pervers savent reconnaître les victimes, une fragilité naît dans le regard et nous devenons des proies faciles. J’ai donc fait pas mal de mauvaises rencontres, faute à cette fragilité et un soupçon de naïveté, dû à la recherche permanente d’un « sauveur ». Je pourrais continuer longtemps à vous écrire de mon impression d’être souillée (besoin de me laver 2 fois par jour, et de me frotter la zone de contact à chaque contact avec un homme) vidée, de la honte d’avoir cru que c’était çe que faisait un grand père, que c’était normal l’impression que c’est de ma faute, que j’ai du faire quelque chose qui attise ce comportement (10 ans ou plus pour comprendre que ca ne venait pas de moi), mais j’ai toujours eu cette crainte que ce qu’il m’est arrivé n’était pas suffisamment grave pour être écouté ou pris en compte. Je me suis alors laissé allé au mutisme de 12 à 19 ans, âge auquel j’ai commencé à travaillé et donc à vivre ou survivre très lentement et peu sûrement. A 12 ans, j’ai voulu porter plainte mais une personne de ma famille m’a demandé de ne pas en parler, qu’elle réglerait ça, pour ne pas faire d’histoire et de mal aux autres. Une rancoeur silencieuse s’est installée et je commence à peine maintenant à en avoir marre de vivre avec ça pendant que mon grand père coule des jours heureux et que ma famille continue de faire l’autruche. Aujourd’hui c’est mon conjoint (5 ans de relation) qui fait les frais des erreurs de ma famille et je m’y refuse. Il est mon meilleur soutien… Mon sauveur !

En lisant cela, imaginez ce que peux ressentir une fillette victime de viol ou de coup !