Témoignages

Les témoignages recueillis par les associations membres du CILCP sont destinés à être publiés sur ce site « Le déni, ça suffit ! ».

Par cette action, les victimes témoignent pour alerter l’opinion publique, les autorités compétentes ainsi que les instances internationales sur la réalité de leur vécu.

Par l’intermédiaire de ces témoignages, le CILCP demande l’ouverture d’un débat national sur le fléau social que constitue la pédocriminalité.

Par son action, le CILCP demande que la lutte contre la pédocriminalité soit déclarée grande cause nationale en France. Cette lutte doit être une priorité des instances internationales.

L’ensemble des personnes témoignant sur les supports du CILCP approuve le fait que ces publications soient transmises aux instances compétentes de l’Union européenne et de l’ONU.

Cet espace est un espace d'expression libre dédié aux victimes. Les opinions et ressentis exprimés n'engagent que leurs auteurs.

 

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151. Denis

Moi, Denis, 58 ans, j’ai été victime de violences sexuelles étant mineur.

Vers l’âge de 10 ans, sous prétexte d’éducation sexuelle, il y a eu les travaux pratiques d’anatomie intime, le père et la mère à poil dans leur lit.

C’était il y a bientôt 50 ans, et j’ai un souvenir visuel très précis du pubis maternel, et d’un retour angoissé dans ma chambre.

Il était pharmacien, lui et sa femme n’ont pas l’excuse de la débilité de bretons arriérés et incultes. Il s’agit de pornographie, de perversité, de pédophilie, d’inceste, organisés par un couple psychopathe.

Mais pour eux, « y’en a tant qui n’connaissent rien à la chose, vous au moins vous saviez ».

Chacun de nous ignorait que les autres subissaient les mêmes traitements.

Pour mes quatre autres frères et sœurs, exhibition imposée de rapports sexuels complets. Et ils ne faisaient pas semblant, les deux vicieux.

Mon frère aîné, âgé de 9 ans, deux séances : les petites lèvres, les grandes lèvres, le clitoris, comment caresser les seins, faire durcir le mamelon. « Quand tu auras 15 ans, tu pourras essayer avec ta mère ».

Concernant ma grande sœur : abus sexuels répétés, cunnilingus et relations sexuelles sèches. « Je guidais sa tête, et faisais semblant de jouir pour que ça cesse ». Des dizaines d’années plus tard, « Je la sens toujours, sa bite entre mes jambes ». A la maison ou emmenée seule avec son géniteur sur le lieu de travail. Agée de 9 à 14 ans à l’époque. La mère complice active fournissant sa fille comme objet de jouissance à son mari.

La façade était celle de notables de village, école privée religieuse, catéchisme, enfant de chœur, messe, vie bourgeoise. Et quand même une réputation d’obsédé sexuel, dont il était fier, avant de déménager dans une autre ville. Toute la famille à la messe le dimanche matin, les gâteaux à la pâtisserie pour le repas dominical, et parfois programme spécial entre père et fille l’après-midi.

Son territoire de prédation incluait l’employée de maison, le personnel de travail, les maîtresses, il avait (et a toujours d’ailleurs) des « besoins ».

Quand ma grande sœur nous a dit ce qu’elle avait subi, il a fallu éviter la prison. Tyrannie, chantage au suicide, menaces, maltraitances, coups, pendant des années. Ce couple criminel a sacrifié toute sa progéniture sans le moindre sentiment de culpabilité.

Une fois la fratrie disloquée et chacun s’étant enfui, ma sœur cadette est restée plus de 5 ans abandonnée seule à ces monstres.

Tous ceux qui savaient n’ont rien pu ou voulu faire : grands-parents, voisins, employés, police, justice.

Nous avons entendu les discours classiques : « il faut pardonner », « il vaut mieux oublier », « y’a des choses qu’il vaut mieux ne pas savoir », « ils ont eux aussi été victimes ».

Emmenée au commissariat pour vol dans un magasin, ma sœur cadette, mineure à l’époque, a raconté les sévices subis par notre sœur aînée. Son tortionnaire est sans encombre venu la chercher le soir pour la ramener à la maison. Il n’y a eu aucune suite en justice.

Pour l’employée de maison : « je ne l’ai pas mise enceinte », « elle était vierge quand elle s’est mariée ». Nous savons que ce n’était pas le cas.

A propos de ma grande sœur : « ce n’est pas un viol, il n’y a pas eu pénétration ».

La complice maquerelle de ses enfants : « j’aimais mon mari, et il avait des besoins».

A propos de ma sœur cadette : « elle est folle, il faut l’interner ». Le médecin à qui ils demandaient d’évaluer son état mental n’a fait aucun signalement.

Le médecin de famille a toujours été dupe de ces manipulateurs.

Les quelques tentatives courageuses ont été réprimées, jusqu’à la fameuse prescription.

Nous avons été empoisonnés par ces êtres malfaisants, pervertis par ces pervers. Ma sœur cadette a été victime de violences sexuelles de la part d’un de ses frères.

Nos vies affectives et familiales ont été nettement plus désastreuses que la moyenne. A chaque âge de la vie de vos enfants, vous essayez d’imaginer comment et pourquoi vos géniteurs ont pu faire ce qu’ils ont fait. On se retrouve dans la peau de l’enfant qu’on était, et dans la peau de ces salopards, à essayer de ne pas faire pareil.

Sous leur emprise, nous avons collaboré, entretenu le déni, fait croire à nos enfants qu’ils étaient dans un environnement sain, nous les avons trompés. En plus de se sentir coupables, nous avons réellement propagé cette pourriture ignoble d’une génération à l’autre.

A 88 ans c’est toujours un obsédé sexuel, exclusivement et jour et nuit préoccupé par sa bite : « tu as pensé à prendre le Viagra à la pharmacie ? », « hein mon gros lapin, dimanche soir je t’ai bien astiquée, après tu as bien dormi », « vieille guenon lubrique, les gros nichons, la bite et le troufignon », « j’vais t’baiser, j’vais t’baiser», « faut que j’m’achète un vagin en silicone », etc.

Et dès que sa femme a le dos tourné, il appelle sa maîtresse.

Celle qui a pendant 45 ans eu le statut de victime principale est actuellement reconnue handicapée mentale, et a choisi l’argent comme compensation des injustices subies : elle a rejoint le camp de ses anciens bourreaux. Celle qui nous disait : « si j’avais eu un couteau cette fois-là, je les aurais tués », est très activement à leur service. Un autre frère se satisfait aussi de l’argent qui entretient l’omerta.

Le déni, ça suffit !

J’atteste sur l’honneur la véracité des faits évoqués.