Témoignages

Les témoignages recueillis par les associations membres du CILCP sont destinés à être publiés sur ce site « Le déni, ça suffit ! ».

Par cette action, les victimes témoignent pour alerter l’opinion publique, les autorités compétentes ainsi que les instances internationales sur la réalité de leur vécu.

Par l’intermédiaire de ces témoignages, le CILCP demande l’ouverture d’un débat national sur le fléau social que constitue la pédocriminalité.

Par son action, le CILCP demande que la lutte contre la pédocriminalité soit déclarée grande cause nationale en France. Cette lutte doit être une priorité des instances internationales.

L’ensemble des personnes témoignant sur les supports du CILCP approuve le fait que ces publications soient transmises aux instances compétentes de l’Union européenne et de l’ONU.

Cet espace est un espace d'expression libre dédié aux victimes. Les opinions et ressentis exprimés n'engagent que leurs auteurs.

 

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28. Catherine

Moi, S. Catherine, j’ai été violée de l’âge de 8 à 12 ans par mon demi frère.
Mon demi-frère pratiquait sur moi une masturbation, il n’y a pas eu à mon souvenir de pénétration de son sexe.
Il me harcelait, me faisait du chantage, me menaçait, sortait toujours de nulle part ce qui pour moi était une lourde pression psychologique, tout cela pour arriver à ses fins.
Et même si cette masturbation m’a été appliquée « tout en douceur » cela a énormément perturbé mon fonctionnement psychologique.
Je faisais d’horribles cauchemars de mort pendant de longues années.
Je suis restée dans le silence jusque l’âge de mes 30 ans, ou lors d’un repas de famille j’ai fini à l’hôpital avec 15 points de suture et c’est là que tout m’est revenu.
Oui, je suis tombée dans l’alcoolisme car ce poids me pesait trop et que l’alcool me servi d’anxyolitique jusqu’à l’âge de 46 ans.
L’inceste m’est également revenu à l’âge de 35 ans, ou suite à une relation avec un homme à qui je me confiais en pleurant, m’a juste collé son sexe dans la bouche, ce qui m’a valu un séjour de 4 semaines en maison de repos.
Egalement à 46 ans, ou je suis tombée sur un homme marié libertin qui m’a indépendamment de lui fait ressortir toutes mes souffrances d’enfance. Il m’a non seulement servi de sac poubelle de ma colère mais je l’ai également inconsciemment poussé à me tuer car je ne voyais pas d’issue à ma vie.
Il m’a menacé de s’en prendre à mes enfants, ce qui fut un tel choc que ça m’a réveillé sur ma vie.
Oui c’est le réveil qui est difficile.
Voir les années qui ont passées et voir l’ampleur des dégâts.
J’ai tenté de noyer et d’étouffer ma petite soeur à l’âge de 10 ans, car j’étais jalouse qu’elle ne vive pas la même chose que moi.
Ma petite soeur, qui elle même de son coté subissait un harcèlement moral de mon demi frère pour arriver à ses fins, et qui pu dire « Non », c’est à ce moment là que j’ai pu enfin lui dire « non » et que je pensais que c’était enfin terminé.
Mais non, c’est pas quand ça s’arrête que ça s’arrête !
Ma petite soeur qui payait pour toute ma colère que je n’arrivais pas à exprimer, ma petite soeur que je n’ai même pas défendue car j’en étais incapable et dont à ce jour j’ai du mal à me pardonner étouffée par le poids de cette culpabilité.
J’ai passé ma vie à faire des fugues et je réalise maintenant que ce n’est pas ma maison que je fuyais, mais bien mon corps.
J’ai passé ma vie à consulter des psychiatres, car il me semblait bien avoir des comportements quelques peu « bizarres ». J’en suis minimum à mon quinzième.
Et c’est une collègue de travail en 2014 qui m’a dit en voyant une émission sur le « syndrome de stress post traumatique » que j’ai enfin compris de quoi je souffrais et là tout est devenu plus clair pour moi.
Oui, parce que partir de son travail en poussant des hurlements, ça s’appelle des « réminiscences de souvenir ».
Oui parce que faire des bonds de trois mètres quand on vous approche ou quand on entends un bruit, ça s’appelle « de l’hyper-vigilance ».
Oui parce que être susceptible, constamment sur la défensive, ca s’appelle de l' »irritabilité. »
Ce sont les trois symptômes du syndrome de stress post traumatique dont je suis atteinte.
J’ai depuis cessé de boire. Pouvoir enfin mettre un mot, ça aide !
L’alcool m’ayant insensibilisé, je revis actuellement tout ce qui s’est passé dans les moindres détails.
Remise en situation, redécouverte de mes émotions de l’époque ou je pousse encore des hurlements et je me demande comment je suis encore en vie à ce jour.
Avec le recul je me rends compte que j’ai eu des comportement d’hypersexualité dés ma plus jeune enfance, que je n’ai pas su être une bonne mère ayant eu peur du contact charnel de mes enfants, que je fuyais mes responsabilités de mère ne me sentant pas à la hauteur que je n’ai pas su aimer les hommes qui ont traversé ma vie.
Je les ai humiliés, voir battus, car l’alcool m’a fait avoir des comportements ordaliques et une incapacité d’aimer convenablement à cause de l’inceste me mettant constamment en situation de danger et d’insécurité pour les autres et envers ma propre personne.
Oui on ne peux pas apprendre à aimer « correctement » quand la personne qui est sensé vous protéger, (soi mon demi frère) est finalement votre tortionnaire.
On perd confiance en les autres en ayant perdu avant tout confiance en soi.
Mes repères de bien et de mal on été perturbés et j’ai passé ma vie à me sentir agressée.
Malgré en avoir parlé à ma famille, cette masturbation ne fut pas prise trés au sérieux n’étant pas à leurs yeux considérée comme un viol.
Je me suis longtemps auto mutilée, mon médecin de famille lui même connaissait mon histoire et à vu ma dégradation, et ne m’a jamais aiguillé sur ce « syndrome de stress » qui me fut confirmé par mon psychiatre actuel, oui au bout du quinzième !
Ce sont des prises de conscience qui font très mal.
Et je suis en reconstruction.
J’ai fait tout un travail de déculpabilité, de remise en place des responsabilités, un travail afin de ne plus avoir honte de m’être laisser faire sans avoir la capacité d’en parler.
J’avais beau avoir dix ans, je peux vous dire qu’à dix ans, on aime pas cela, on ne veux pas cela.
A mon souvenir, je pensais que tous les enfants vivaient la même choses que moi, que tout le monde souffrait autant que moi et me suis mise dans des situations d’humiliation toute ma vie afin qu’on me confirme que je n’étais qu’une merde, oui car je me considérais comme telle !
Je me suis éloignée de ma famille, (parents), je suis actuellement seule, mes enfants m’ont quitté à cause de mon alcoolisme, ainsi que tout mes conjoints qui furent sur ma route.
Je crains de ne pouvoir me réhabiliter socialement à cause de mes crises de nerfs incontrôlables, et de mes paralysies dues au stress qui correspondraient à de la somatisation.
Mon demi frère est décédé d’un cancer il y a plusieurs années, au moment ou j’ai commencé à en parler, il est tombé malade, et j’ai alors pensé que c’était de ma faute.
L’inceste a détruit ma vie, mes rapports famille, enfants, collègues, amis, relations de couple …
Alors viol ou masturbation, à partir du moment où on touche votre sexe, à partir du moment où on passe cette barrière de proximité, les dégâts sur le psyché sont désastreux, j’en fais ce terrible constat.
C’est à l’âge de 44 ans où mon propre frère n’en pouvant plus non plus de mon état, et qui lui même fut également harcelé, nous avons écrit une violente lettre à notre famille qui ne voulait toujours pas ouvrir les yeux.
Ce jour là, je me suis regardée dans la glace, et je me suis vue à l’âge de 10 ans.
Cela arrive à certaines personnes dont la violence a été enfin reconnue.
Oui, une reconnaissance de la violence est obligatoire pour une bonne reconstruction.
Le viol est un acte très grave, les conséquences sont désastreuses et doivent être reconnues.
Maintenant il faut en plus, que je supporte la culpabilité de mes parents qui ont tout fait pour notre bonheur, qui n’ont absolument rien vu, et qui se rendent compte à ce jour être passés à coté du principal en constatant mon état physique et psychologique.

En espérant que ce témoignage de plus, puisse faire avancer les choses.