Témoignages

Les témoignages recueillis par les associations membres du CILCP sont destinés à être publiés sur ce site « Le déni, ça suffit ! ».

Par cette action, les victimes témoignent pour alerter l’opinion publique, les autorités compétentes ainsi que les instances internationales sur la réalité de leur vécu.

Par l’intermédiaire de ces témoignages, le CILCP demande l’ouverture d’un débat national sur le fléau social que constitue la pédocriminalité.

Par son action, le CILCP demande que la lutte contre la pédocriminalité soit déclarée grande cause nationale en France. Cette lutte doit être une priorité des instances internationales.

L’ensemble des personnes témoignant sur les supports du CILCP approuve le fait que ces publications soient transmises aux instances compétentes de l’Union européenne et de l’ONU.

Cet espace est un espace d'expression libre dédié aux victimes. Les opinions et ressentis exprimés n'engagent que leurs auteurs.

 

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126. Aude

Moi, Aude L.,  41 ans, j’ai subi une agression sexuelle à l’âge de 13 ans.
J’en ai déjà parlé à mon mari, des amis très proches et à quelques thérapeutes mais mes parents et frère et sœur ainsi que mes propres enfants ne sont pas toujours au courant, presque 30ans après.
A 13 ans, avec une amie, nous nous sommes retrouvées avec 3 jeunes de 16-17ans, dans l’appartement de l’un d’eux (dans le lotissement où nous habitions… Mes parents y habitent toujours et je passe toujours devant l’immeuble du jeune quand je vais chez eux… J’habite à l’étranger, c’est donc assez rare heureusement). Donc, nous rentrions du collège et eux du lycée. Nos chemins se croisaient de temps à autre et je ne me souviens plus comment et pourquoi nous nous sommes retrouvées dans cet appartement. Bref! Nous devions prendre un goûter ! Puis rapidement nous nous sommes retrouvées chacune dans une chambre avec l’un des jeunes. J’étais encore une gamine. Et celui avec lequel j’étais a abusé de moi, il m’a forcée à lui faire une fellation puis m’a violée. J’ai dit non à plusieurs reprises mais je ne l’ai pas repoussé, il ne m’a pas fait mal. J’étais tétanisée. Je ne voulais pas ce qui s’est passé. Il est sorti de la chambre. Puis un autre jeune est rentré, j’ai pleuré, je lui ai dit ce que j’avais été forcée de faire et il a été très sensible et a tout de suite mis fin au « goûter »… Je ne sais pas ce qui s’est passé ensuite. Mais avec le recul, je me dis que ce 2ème garçon m’a peut-être aidée à me construire malgré tout, il a reconnu tout de suite ce qui s’est passé même si rien n’a été public. Mon amie et moi sommes parties. Elle était ravie de ce qu’elle avait vécu, je me suis sentie mal de ne pas être en accord avec elle… Je ne lui ai rien dit.
Les jours qui ont suivis, j’étais très mal, peur de la réaction de mes parents si je leur disais, peur d’être enceinte, honte de ne pas avoir su m’échapper… Je n’en ai pas parlé à mes proches. La première fois que j’en ai parlé c’était à l’âge de 16 ans avec mon petit ami. Il m’a très bien accompagnée. Et ensuite j’ai pu en parler au fil de mes déménagements, nouvelles amies, 2 thérapeutes… Mais c’est encore rare… Le temps passe, j’ai réussi à construire ma vie, j’ai rencontré des personnes merveilleuses qui ont su m’écouter, je suis mariée, avec 2 enfants. C’était une agression unique…mais cet épisode continue à me polluer. Parmi les nombreuses horreurs que ce traumatisme m’a mis en tête, il y a la culpabilité de ne pas avoir parlé et peut-être évité à cet individu de recommencer… En presque 30 ans, combien d’autres jeunes filles ou garçons a-t-il agressé ? Ça me donne le tournis, la nausée.
Cette émission de France inter ce matin du 7 décembre 2017 m’a décidée à poster ce témoignage.
Que cesse cette impunité !

J’atteste sur l’honneur la véracité des faits évoqués.